ACTE I, SCÈNE II
DE CERNEUIL.
Oh! moi, je n'y tiens pas, vous savez... Dites donc, pourriez-vous me laisser passer avant vous? Je n'ai que deux mots à dire à Piégois.
HERBELIN
Gomment donc !...
LE VALET DE PIED, revenant.
Monsieur Piégois prie monsieur le maire de ne pas s'éloigner, il va le voir dans cinq minutes.
HERBELIN, à de Cerneuil.
On m'a raconté que vous n'aviez pas été heureux, hier soir?
DE CERNEUIL.
J'ai perdu tout ce que j'ai voulu... Si je n'étais pas aussi sûr que la partie est honnête à Bagnèresd'Oron !...
HERBELIN
Si elle est honnête ! Vous n'en doutez pas, j'espère? Pensez- vous que Piégois soit homme à tolérer le moindre scandale?
DE CERNEUIL.
Evidemment... Oh! de ce côté-là !... Et la saison, monsieur le maire, s'annonce-t-elle bien, la saison, à Bagnères-d'Oron?
HERBELIN
Nous avons un tiers de baigneurs de plus que l'an dernier à la même époque ! Hein ! quelle prospérité pour une station qui n'a que cinq ans d'existence ! Nous commençons à faire concurrence à Luchon et à Bagnères-de-Bigorre ! ... Un casino ! . . . des courses de taureaux ! . . .
DE CERNEUIL.
Des courses de taureaux?...
298 MOifSIBUR t>iftGois
heabeLin.
Oui, mon cher mohsietit^^ noUs avons, le 1S, ilûe coUr&e de taUfeàUx. Elle est même déjà interdite, lé préfet vient de m'en aVisei*i j'fti fkit afficher Finterdiction et toutes les places sont déjà louées... Mais savez-vous ce qui fait notre suCcès grandissant? C'est que nous sommes avant tout une station dé familles... dé familles élégantes,
de familles qui s'amusént. mais de familles... Votlë éontiÂiâdéz lesi Jantél , n'est^^è pas ? Lès Jantel, de Paris?,.. Grande maison de banque, honorable, solide... Eh bien! les Jantel viennent de s^instailel* ici. . . Voilà Télémeni qu*il nous faut. . . Ah ! parbleu ! je sais bien qu'il commence à s'en introduire un autre... l'élément cosmopolite... les cocottes.. i mais il est encore peu nombreux et nous tenons la main, Piégois et moi, à ce qu'il ne se développe pas trop rapidement.
DE CERNEL'IL.
Pourtant, dès cocottes n'ôût jamais nut à là prospérité d'une ville d'ëâU5c.
iiÈheÉLiN.
Les gfandeS, je ne dis pas. Mais iioUs ïi'âvons encofe que des petites, des débutdtites qui nous arrivent de Toulouse, de BordëàUx, pës même de Paris... comme ces deux'-là^ par exemple!...
(il déêignB deu^ JBUneê femmes élégAntBs qui viennent de Centrer par la gauche.)
DE GfiRKEUIL.
Elles sont ëh Armantes.
tîEkBÉUU.
Vous les connaissez?
DE CERNEUIL.
Pas du tout.