ACTE II, SCÈNE V
puisque Tun voulait vendre un château et l'autre l'acheter.
MADAME DE LA BAUDIÈRE
Quelle bicoque ! Peut-on désirer habiter là dedans?... Il est stupide ce monsieur!...
LA BAUDIÈRE.
Et tu veux lui donner Lucienne?
MADAME DE LA BAUDIÈRE
Une fois ton gendre, je te jure qu'il n'aura plus de ces idées-là.
LA BAUDIÈRE.
Ne lui dis pas ça d'avance.
MADAME DE LA BAUDIÈRE
Tu es certain qu'ils ne s'étaient jamais vus à Paris?
Je t'en réponds.
MADAME DE LA BAUDIÈRE
Ce que cette femme-là m'est antipathique !...
LA BAUDIÈRE.
11 n'y a pas beaucoup de gens qui te soient sympathiques, d'ailleurs.
MADAME DE LA BAUDIÈRE
Quelle hypocrisie !
LA BAUDIÈRE.
Ne t'emballe pas comme ça.
MADAME DE LA BAUDIÈRE
Elle a dû se poser en grande dame victime de ses malheurs, de la fatalité, prendre des airs de princesse. Je suis sûre que pour elle, je ne suis qu'une bourgeoise de province, avec qui tu t'es mésallié. Jour de Dieu ! je te donne ma parole que si elle voulait lutter contre moi, il lui en cuirait!
70 LA CHATELAINS
LA BAUDIÈRE.
Que d'histoires! que d'histoires ! pour une chose si simple. Ah ! tu peux te vanter d'en avoir de Timagination ! Laisse donc arriver ce qui doit arriver. Si André épouse Lucienne, tant mieux ; s'il ne l'épouse pas, ce sera un autre.
Ce sera lui. 11 le faut. Ce projet de mariage court déjà la ville. On m'en a parlé à mots couverts. Dix de mes amies en sont enragées de jalousie. Il se fera donc. Qu'elle ne s'avise pas de me mettre des bâtons dans les roues, ou nous emploierons les grands moyens.
LA BAUDIÈRE
11 n*y a pas de grands moyens.
MADAME DE LA BAUDIÈRE
C'est ce que tu verras en temps et lieu. En attendant, je vais la surveiller.
(Entre Thérèse à gauche.)