ACTE II, SCÈNE X
MADAME DE LA BAUDIÈRE
Ne persistez pas dans des résolutions intransigeantes, je vous le conseille. Vous êtes étonnante, vous savez. Mais vous n'êtes pas encore divorcée. Et tant que le divorce n'aura pas été prononcé, votre mari reste le chef de la communauté. Vous lui devez compte de vos actes... Réconciliez- vous donc avec lui, et tout de suite. C'est la meilleure façon, c'est la seule de faire taire la médisance et d'empêcher les gens de jaser.
THÉRÈSE
Jaser! Qui?... Jaser!...
MADAME DE LA BAUDIÈRE
Comment! Vous rencontrez un monsieur que vous n'avez soi-disant jamais vu! Vous causez une demi-heure avec lui et vous lui vendez trois cent mille francs une masure qui n'en vaut fichtre pas la moitié. Et vous ne voulez pas qu'on en parle? De quoi parlerait-on alors?
THÉRÈSE
C'est vous ! Comment, c'est vous qui me parlez sur ce ton! Vous qui me connaissez, qui devriez être aussi heureuse que moi de ce qui m'arrive ! Je vous prie de me dire ce que cela signifie, de me le dire nettement et tout de suite.
MADAME DE LA BAUDIÈRE
Oui, oui, certes, je vous connais, mais je connais aussi le monde. Monsieur Jossan est un homme des plus compromettants, il est immensément riche...
THÉRÈSE
Madame, quand on a, comme je l'ai, la certitude d'être une honnête femme, on n'a pas souci de ces malpropretés.
86 LA CHATELAINE
MADAME DE LA BAUDIÈRË
L'hôûnôteté d'uiié femme, c'est ropinloii au^on a d'elle. Je vous ai indiqué Vôtre aevoir. Vous le îétéi, ou Vous né le ferez pas, à Votre àlâe.
(Entrent Clotilde et La Èaudière.)