ACTE III, SCÈNE VIII
VOUS demander de tout quitter pour me suivre, de briser, pour être à moi seul, tous les liens et tous les devoirs. Mais je ne le voudrais pas!... Je ne Taccepterais pas ! Car cela nous ferait un amour troublé et inquiet, un amour sans joie, et Tamour doit être joyeux! Non, ce que je vous demande, c'est d'avoir un instant, en moi qui vous aime, la belle confiance, la confiance entière et totale! Parce que je vous jure que nous serons vainqueurs, parce qu'il y a des choses si odieuses et si inutiles qu'elles ne durent que si tout le monde se courbe lâchement devant elles. Nous avons affaire à des méchants et à des imbéciles; les méchants et les imbéciles sont dangereux, mais ils ne le sont pas longtemps. Ils foncent sur vous, mais si on leur résiste, ils s'enfuient. Car ils n'ont pas de volonté, ils n'ont que de la violence... Thérèse, je vous rendrai votre enfant, je vous le rendrai... J'en suis sûr... Regardez-moi, j'en suis sûr! Veux-tu me regarder... je te dis que j'en suis sûr. Mais pour cela, il faut m'obéir si vous m'aimez et surtout il ne faut pas tout abandonner comme vous alliez le faire, notre amour et notre bonheur, au premier geste de menace !
THÉRÈSE
Oh! André! André!... C'est vrai que je n'ai pas été bien brave!... J'allais presque vous trahir! Mais c'est un coup si cruel!... Je m'y attendais si peu... J'ai perdu la tête...
JOSSAN.
Ma chérie, vous avez été ce que vous deviez être... Vous avez été chancelante, vous avez tremblé devant la brutalité et la bêtise. Mais cela n'est pas vilain et c'est ainsi que doivent être les femmes, afin que ceux qui les aiment puissent
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les défendre. Nous allons donc organiser une défense héroïque.
THÉRÈSE, lui prenant la main.
Mon Dieul Qu'est-ce que je deviendrais sans vous?...
JOSSAN, riant.
J'en frémis... Mais aussi vous m'avez et tout est là. Alors, on n'a plus peur?...
THÉRÈSE
Non.,. Non...
JOSSAN.
Quoi qu'il arrive, on ne s'affolera plus?
THÉRÈSE
Non.
JOSSAN, souriant.
Et tu crois fermement que nous gagnerons la bataille?
THÉRÈSE
Oui.
JOSBAN,
Eh bien! alors, nous la gagnerons !
THÉRÈSE
Que Vais-je dire à ma tante?
JOSSAN.
Madame de La Baudière?
THÉRÈSE
Elle doit venir ici?...
THÉRÈSE
Elle est ici.
JOSSAN.
Elle avait accompagné votre mari?..,
THÉRÈSE
Oui,