‹ Theatre Complet IV La Chatelaine L'Adversaire Monsieur PiegoisChapitre 8 sur 272 · ACTE I, ScèlSE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, ScèlSE IV

LA BAUDIÈRE.

Oui, elle est un peu despotique, j^en conviens.

DE MÉRAY

Et vous qui êtes si conciliant, au contraire !

LA BAUDIÈRE.

Eh ! il le faut bien .

DE MÉRAY

Ah ! mon pauvre monsieur de La Baudière.

LA BAUDIÈRE.

Vous me plaignez, je parie?

DE MÉRAY

Non, mais...

LA BAUDIÈRE.

Allons ! allons ! Vous me croyez très malheureux... Il y a des tas de gens qui me croient très malheureux.

DE MÉRAY

Pas absolument... Quoique...

LA BAUDIERE.

Si ! si ! Vous vous dites qu*avec une femme comme la mienne, je dois mener une vie d*enfer.

DE MÉRAY

Heu !... Heu !...

LA BAUDIÈRE.

Eh bien ! mon bon ami, c'est ce qui vous trompe. Non seulement je ne suis pas malneureux, mais je suis très heureux. Le caractère de madame de La Baudière, qui m'horripilait, en effet, dans les commencements de notre mariage, m'est devenu très sympathique, parce que je me suis mis à l'envisager avec philosophie. Ma femme est

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convaincue qu'elle a une volonté de fer et c'est vrai, elle a une volonté de fer. Seulement, quand on sait s'y prendre, on arrive à lui faire faire le contraire de ce qu'elle a décidé et comme elle y apporte la même volonté de fer et la même énergie, elle ne s'aperçoit pas qu'elle a changé d'opinion. Je me suis amusé souvent à ce petit jeu-là. C'est une de mes plus grandes distractions : on en a si peu en province !... Ne vous découragez donc pas.

DE MÉRAY, lui serrant la main.

Je m'en rapporte à vous entièrement. Et j'ai confiance en vous, et aussi en Lucienne, qui m'aime, j'en suis sûr.

LA BAUDIÈRE.

N'insistez pas et laissez-moi faire. Nous y mettrons, le temps qu'il faudra, mais j'ai comme un pressentiment que ça ne sera pas long.

DE MÉRAY

Merci alors ! merci et au revoir.

LA BAUDIÈRE.

Au revoir, mon ami.

(Il le reconduit à droite. Dès qu'il est sorti, entre

madame de La Baudière, à gauche.)

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