SCENE V
ROXANE, ZATIME.
ROXANE
Ah! que viens-tu m'apprendre ', i2o0 Zalime ? B ijazet en est-il amoureux ? Vois-tu dans ses discours * qu'ils s'entendent tous deux ?
ZATIME.
Elle n'a point parlé : toujours évanouie,
Madame, elle ne marque aucun ^ reste de vie
Que par de longs soupirs et des gémissements, 1255
Qu'il semble que son cœur va suivre à tous moments®.
piiis-je percer le cœur de deux indigne> rois et me tuer moi-même près eux. • Bicine a pu se souvenir aussi du en de DIdon au livre IV de iSiiéide (603-606) :
Natiiniqiie palreniqiie Cum génère ex^linxem; memet sui'er i|i:-a dedi^seul;
et de ce dialogue du Cid {III, m) :
BLTIRE.
Après tout que pensoz-von- donc faire?
CBIMÈNE.
Pour consfrver nu s'f'r* el Unir mon ennui. Le poursuitre, le perdre et muurir a|irè$ lui.
1. Vak. — Sans doute j'ai trouvé le parti qu'il faut prendre.
2. Racine a voulu probablrmcnt que Koxtne prit ce parti afin de nous montrer comment l'amour s'abuse, et c'est po:ir nous en donner une preuve évidente qu'il nous fait voir Roxane se mettant tout à coup en contradiction avec elle-même.
3. Il Je veux tout ignorer, vient de dire Roxanc. Sa confi-Jente, qu'elle a ciiargée d'observer Atalide. revient. A peine Roxane la voit-elle iprellc' lui demande Si liajazet est amoureux d'Atalide. L'agitation où est Roiane autorise ces contra lictions. Elles sont même l'expression nécessaire de son trouble. » (Lchk*o DE BoisJKHMAix.) — Voltaire écrivait à M. de SoumarokolT. le 26 février I76'> . •■ Oui, Monsieur, je regarde Racine comme le meilleur de nos poètes tragiques, sans contredit, comme celui qui seul a p:irlé au cœur et à la raison, qui seul a été véritablement sublime sans aucune onPiure, et qui a mis dans la diction un charme inconnu jusqu'à lui. Il est le seul encore qui ait traité l'amour tragiquement; car, avant lui, Corneille n'avait fait bien parler cette passion que dans le Cid »