‹ Théâtre completChapitre 170 sur 592 · ACTE IV, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE V

Vos femmes, dont le soin à l'envi la soulage ',

Ont découvert son sein pour leur donner p;issage.

Moi-même avec ardeur secondant ce dessein,

J'ai "trouvé ce billet enfermé dans son soin -. 1260

Du Prince votre amant j'ai reconnu la lettre^,

Et j'ai cru qu'en vos mains je devais le remettre*.

ROXANE

Donne... Pourquoi frémir ? et quel Ircuble soudain

Me glace à cet objet-', et fait treml)ler ma m lin ?

11 peut l'avoir écrit sans m'avoir offensée. 126j

II peut môme®... Lisons, et voyons sa pensée :

« Nila mort, ni vous-même

Ne me ferez jamais prononcer que je l'aime. Puisque jamais je n'aimerai que vous ''. »

Ah! de la trahison me voilà donc instruite ! 1270

Je reconnais l'appât dont ils m'avaient séduite '.

Ainsi donc^ mon amour était récompensé,

Lâche, indigne du jour que je t'avais laissé ?

Ah ! je respire enfin ; et ma joie est extrême *"

Uue le traître une fois se soit trahi lui-môme *'. 127o

Libre des soins cruels où j'allais m'engager ^-,

1. La rime a voulu que le mot soin fût écrit iet au singulier.

Page 1