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y. Ces belles paroles de Xipharès sont, on l'a remarqué, la condamnation de sa propre conduite ; mais on peut répondre que, sans les empressements de Pharnace, Xipharès aurait a;ji autrement ; on peut citer pour sa défense les deux vers par lesquels il termine la pièce; alors ijue Mitliridate est détiuit, et qu'il n'a plus d'armée, Xipharès désobéit aux ordres de son père mourant et jure de le venger.
194 MITDRIDATE.
Peut nommer justement le dernier de ses Rois ',
Dans ses propres États privé de sépulture -,
Ou couché sans honneur dans une foule obscure,
N'accuse point le ciel qui le laisse outrager, 305
Et des indignes fils qui n'osent le venger^?
Ah! ne languissons plus dans un coin du Bosphore.
Si dans tout l'univers quelque roi libre encore,
Parlhe, Scythe, ou Sarmate, aime sa liberté,
Voilà nos alliés : marchons de ce côté *. 310
Vivons, ou périssons dignes de Milhridafe;
Et songeons bien plutôt, quelque amour qui nous flatte,
A défendre du joug et nous et nos États,
Qu'fà contraindre des cœurs qui ne se donnent pas ».
PHARNACE
lisait vos sentiments. Me trompais-je. Madame? 3i.->
Voilà cet intérêt si puissant sur votre âme,
Ce père, ces Romains que vous me reprochez*.
XIPUARÈS.
J'ignore de son cœur les sentiments cachés '';
Mais je m'y soumettrais sans vouloir rien prétendre.
Si, comme vous. Seigneur, je croyais les entendre. 320
PHARNACE
Vous feriez bien ; et moi, je fais ce que je doi ^. Votre exemple n'est pas une règle pour moi ^
1. Mitlu-idate est appelé par Velleius Paterculus (II, xl) : « Ultimus oiunium juris sui rcgum, prœter Partliieos. »
2. Nous avons eu l'occasion de dire que Pompée fit à Mithridatc de superbes obsèques.
3. Il Desfontaines pense que Racine eût rnieux fait de mettre ses indif/ncs fil" au lieu de des indignes fils : selon ce critique, la phrase en serait plus claire : le venr/cr se rapporterait encore plus immédiatement à Mithridatc. L'opinion de l'abbé Desfontaines est raisonnable. Louis Racine prétend qu'il faut nécessairement d'indignes ; il ajoute que c'est une faute d'imprimeur, et que l'auteur avait mis, selon toutes les apparences, et deux indignes fils. M. Didot a corrigé le vers d'après cette opinion. Pour moi, je suis convaincu que Racine a mis et a voulu mettre et des indignes fils : toutes les éditions faites pendant sa vie sont unilorraes. 1) (Geopfiioy.)
4. Xipharès suit la politique de son père, qui avait voulu s'allier à Arsace, roi des Parthes. Un des fragments de l'historien Salluste contient une lettre de Mithridatc à ce prince.
5. Ces vers sont très beaux ; ils le seraient plus, si Xipharès ne se croyait aiiué de Monimc. La Reine écoute avec orgueil les paroles du Prince, elle est fière de lui, et son amour grandit de son admiration.