‹ Théâtre completChapitre 276 sur 592 · GARDES, MITHRIDATE · texte numérisé non relu

GARDES, MITHRIDATE

Princes, quelques raisons que vous me puissiez dire,

Votre devoir ici n'a point dû vous conduire,

Ni vous faire quitter en de si grands besoins, 425

Vous le Pont, vous Colchos, confiés à vos soins'.

Mais vous avez pour juge. un père qui vous aime^.

1. « Baron, représentant Mitliridatn, enlra iinjour sur la scène, arconipagné de Xipharès, et ne prit la parole qu'après un jeu muet, où il semblait avoir rélléchi sur ce qu'avaient pu lui dire ses deux fils. En rentrant dans la coulisse, il demanda à un de ses confrères s'il était content. « Votre entrée est dans le faux, lui dit le comédien : il n'y a point à réflécliir sur Jts excuses des doux jeunes princes : il faut leur répondre en paraissant avec eux, parce qu'un g-rand nomme comme Mithridate doit concevoir du premier coup d'œil les plus grandes affaires. » Baron sentit la force de ce raisonnement, et s'y conforma. » (Abbé DE LA Porte, Anecd. dram., I, 563.) On lit encore à la page suivante : o Lorsque, dans la conTersalion de Mithridate avec ses deux fils, ce prince récite ces quatre vers :

Princes, quelques raisons que vous me puissiez dire, Votre devoir ici n'a pc^int dû vous comluiie, Ni vous f.iire qiiitliM- en de ."i grands besoins Vous le Ponl, vous Colchos, conûes à vos soin»,

Baron marquait avec beaucoup d'intelligence et une finesse de senfimens supérieure, l'amour de ce prince pour Xipharès, et sa haine contre Pharnace. Il disait au dernier : Vous le Pont avec la hauteur d'un maître et la froide sévérité d'un juge ; et à Xipharès : Vaux Colchos, avec l'expression d'nn père tendre, qui fait des reproches à son fils, dont la vertu n'a pas rempli son attente. » — Tous les auteurs tragiques ont exprimé cette idée que vieillesse et défiance élaicn inséparables:

La vieillesse, ombrageuse et sévère.

En de vugues soupçons se plaîl à s'égarer.

(Chknier, Timoléon, h, u.)

Ai«t'ment du soupçon un vieux est susceptible.

(Bret, la Double Eitravagance.)

Cette entrée de Mithri'lafc a été imitée par C.rébillon dans sa tragédie de Bfia damisthe et Zénobi". Pharasmane. roi d'Ibéric, surfirend à sa cour son fil Ar?ame, qu'il croyait à la tête des armées : travaillé des mêmes soupçons jalou que Mithridate, Pharasmane dit à son fils (I, m) :

Que vois-je? C'est mon fils! d.ins Artaiiisse Arsamc !

Qu.l d' ss. in l"j condnil ? ,

Parlez, Prince : quel «"lu vous ranièiie en ces lieux ? Quel besoin, quel projet a pu vous y conduire. Sans of'lre île ma pirt, san< daigner m'en iiisiruire 7 j. fJûulez-vous, quels que soient vos services passés. Qu'un reloiir criniinel Us ail tous effacés? Sarhez que votre roi iie s'en souvient eiirore Que pour ne point punir des projets qiiM i^rnore. Quoi qu'il en soit, partez avant la Du du jour.

2. Dans le Ni'comi'Jf de Corneille (U, ii). le bonhomme Prusias disait h son fils qui était revenu de l'armée sans son ordre :

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