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ACTE iV, SCÈNE II

Il Ceint, il me caresse ^ et cache son dessein;

Mais moi, qui dès l'enfance élevé dans son sein *, M9f

De tous ses mouvements ' ai trop d'intelligence '*,

J'ai lu dans ses regards sa prochaine vengeance.

Il presse, il fait partir tous ceux dont mon malheur

Pourrait à la révolte CNCilcr la douleur.

De ses fausses bontés j'ai connu la contrainte ^. H95

Un mot même d'Arbate a confirmé ma crainte.

Il a su ^ m'aborder ; et les larmes aux yeux :

« On sait tout, m'a-t-il dit : sauvez-vous de ces lieux ", >;

Ce mot m'a fait frémir du péril de ma reine,

Et ce cher inlérèt est le seul qui m'amène. 1200

Je vous crains pour vous-même ^;etje viens à genoux

Vous prier, ma Princesse ^, et vous fléchir pour vous.

Vous dépendez ici d'une main violente,

Que le sang le plus cher rarement épouvante;

Et je n'ose vous dire à quelle cruauté 1205

Milhridate jaloux s'est souvent emporté.

Peut-être c'est moi seul que sa fureur menace;

Peut-être, en me perdant, il veut vous faire grâce.

1. Caresser est pris ici au sens figuré, comme dans Biitannicus {lY ,

Selon qu'il vous menace ou bien qu'il vous cari>s-e, La cour autour de ïuus ou s'écarle ou s'empresse.

Ces caresses de Mithridate sont une menace ; en effet, en temps ordinaire, il est comme Collojean dans l'Andronic de Campistron (I, vui) :

L'Empereur soupçonneux, esclave de son ranjf, Ne ui'h jamais lail voir le» tendresse? du san;^. Les plus siinls iiiouvemenis que lu niture imprime. Pans son aust'^re cœur passeiaieiit pour un cnuie, El. piiur être né prince, il ne iii'esl pas pi^iiiiis D'éprouver tout l'auioui d'un père pour sou fils.

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