ACTE I, SCÈNE I
Cependant, cher Osmhi, pour s'appuyer de moi ', 175
L'un et l'autre ont promis Atalide à ma foi^.
OSMIN
Quoi? vous l'aimez, Seigneur?
ACOMAT
Voudrais-tu qu'à mon âge Je fisse de l'amour le vil apprentissage^? Qu'un cœur qu'ont * endurci la fatigue et les ans Suivit d'un vain plaisir les conseils imprudents ? 180
C'est par d'autres attraits qu'elle plaît à ma vue . J'aime en elle le sang dont elle est descendue '. Par elle Bajazet, en m'approchant de lui, Me va contre lui-même assurer un appui ^. Un visir aux Sultans fait toujours quelque ombrage": 185 A peine ils l'ont choisi, qu'ils craignent leur ouvrage. Sa dépouille est un bien qu'ils veulent recueillir, Et jamais leurs chagrins ne nous laissent vieillir. Bajazet aujourd'hui m'honore et me caresse* ; Ses périls tous les jours réveillent sa tendresse. 190
Ce môme Bajazet, sur le trône affermi, Méconnaîtra * peut-être un inutile ami.