SCÈNE YII
MITHRIDATE, ARBATE, ARCAS.
ARCAS
Seigneur, tout est perdu *. Les rebelles, Pharnace, Les Romains, sont en foule autour de celte place.
MITHRIDATE
Les Romains ^ !
ARCAS
De Romains le rivage est chargé.
Et bientôt dans ces murs vous êtes assiégé ^. 1450
1. Cette scène, tiès développée dans la Mort de. MUhiidate de La Calprenède, y est traînante et froide :
Vous avez à vos murs la puissance Romaine ; Mille étendards volant font ombrasse à la plaine. Même vos liigilil's ensemliU niinassés Bravenl insoleinnient au bord de nos fossés : J'ai lait ô'.er des murs une troupe inutile. J'ai des meilleurs soldais boi'de toute la ville. Oui, ne pouvant soulîi ir ces escadrons si près. Sur les plus courajreux ont lancé quelques traits. Déjà les légions à l'assaut toutes prêtes, Font retentir bien loin le son de leurs trompettes, Les ohevHUx animes de tous les instruments Augmentent la frayeur par leurs hennissemenls Les arme? des soldats éblouissent la vue. El leurs cris élancés vont ju-que dans la nue Les béliers apprêté^ donnent de la (erreur. Et la ville frémit de tristesse et d"horreur. Une branche d'oliie en la main de Pharnace Au pâle citoyen fait espérer sa grâce; La d'-xtre qu'il lui tend l'assure de sa foi ; Même les plus mutins l'appellent déjà itoi.
MITHRIDATE
0 Ciel, et tu le Tois, el tu retiens la foudre, Elance-la sur nous, réduis Sinope en poudre. N'en donne pas l'honneur aux escadrons romains. Et puisqu'il faut périr, périssons par les mains. Les humilies ont en vain attaqué Milhridale; Et si la terre est faible, il faut qu'un Dieu l'abatte. Toutelois disposons ces cœurs intimidés A sortir de ces murs si longuement gardés. Si nous devons mourir, ne mourons point sans gloire, Et forçons rennemi de pleurer sa victoire. J'aime bien mieux me perdre en la perte dos siens. Que d'en laisser l'honneur au plus lâche des miens.
2. u Brizard, dans cet endroit, était admirable ; l'impétuosité avec laquelle il se jetait sur son casque, l'accent terrible qui sortait de ses entrailles quand il s'écriait : les Romains ! produisaient la plus vive sensation. C'est le seul des ac leurs de la fin du dernier siècle qui ait laissé une réputation dans ce rôle. » (Gropfoy.)
3. No-JS comprenons maintenant les mots mystérieux de Pharnace (v. 358^ ■
Et j'aurai des secourt que je n'explique pas.
268 MITDRIDATE.
(a Arcas.)
Ciel! Courons *. Écoutez Du mulhcur qui me presse
Tu ne jouiras pas, infidèle Princesse-.
1. L'arrivée des Romains décide la mort de Monime; trahi par ses deux fils, par ses soldats, surpris par les Romains, Mitliriiiale sent qu'il n'a plus qu'à mourir en roi ; mais sa jalousie ne veut pas que Monime, après sa mort, appartienne à SCS fils : elle mourra avant lui.
2. Deux jeux de scène sont possibles ici. Mithridate peut appeler Arcas, s'écrier :
Du malheur qui me prisse Tu ne jouiras pas, iiifidclrt Princesse.
et se pencher vers l'oreille d'Arcas tandis que le rideau tombe: ou bien, il peut parler bas à Arras, et, lorsque ce domestique est sorti, dire a part lui les paroles 0ui terminent l'acte. >ous ne savons lequel de ces deux jeux de scène est de tradition. Ce qui est certain, c'est qu'Arb ite est censé ne rien entendre et ne rien compri'ndre (voir les vers 10.32-1034). Même en ce moment terrible, même en présence de son confident, Milliridafe a encore assez de force et de calme pour (dissimuler.