ACTE V, SCÈNE IV
Des poisons que lui-môme a crus les plus fidèles ' ;
Il les a trouvés tous sans force et sans vertu ^.
« Vain secours, a-l-il dit, que j'ai trop comljattu !
« Contre tous les poisons soigneux de me défendre, 1575
'( J'ai perdu tout le fruit que j'en pouvais attendre^.
« Essayons maintenant des secours plus certains,
« Et cherchons un trépas plus funeste aux Romains. »
Il parle * ; et défiant leurs nombreuses cohortes,
Du palais, à ces mots, il fait ouvrir les portes *. 1580
A l'aspect de ce front dont la noble fureur
Tant de fois dans leurs rangs répanditla terreur ^,
Vous les eussiez vus tous, retournant en arrière,
Laisser entre eux et nous une large carrière ;
Et déjà quelques-uns couraient épouvantés 158o
Jusque dans les vaisseaux qui les ont apportés ''.
1. Cette belle épithèie est préparée par les trahisons successives qui viennent de pertlrc Mithriilate.
2. On appelle vertu d'une chose une qualité qui la rend propre à produire certains effets : « La vertu de la croix ne cesse d'attirer tout à elle. i> (Fenelon, Senn. sur lu voc. des gentils.)
3. Voir la note du vers 1420. Appien (De la guerre Mithridatique, trad. Claude de Seysscl, XV) nous dit que Mithridate. bien qu'ayant pris une grande quantité de poison, « ne pouvait mourir, pourtant qu'il avoit dès sa jeunesse usé de contre-poison, qu'on appelle cnror aujourd'hui Mithridat de son nom, pour crainte qu'il avoit d'être empoisonné. » Le fait est confirmé par Dion Cassius (XXXVII, iiii) et par Justin (XXXVII, ii). — Ménandre, chef de la cavalerie de Mithridate, lui disait dans la tragédie de La Calprenèdc (V, y) :
€•' sont là le' etftts de »olre provoyance, Lnr-qne. pour vous garder di; quelque trahison, Vous jie v.cis nourrissiez que de coiitre-poisun. Volie cœur s'est uiuiii....