C-lti' fni te amazone atterre de ses mains
El les B th mens, et les soldats Romains :
Tons iiidifTéieniment font rou^i sou êpée ;
Elle api.elle an combat el Hhirnireet Pompée ;
Son e|npuj, qui la couvre avecque son écu,
Mas-acesjMs pitié cet es -adron vaincu.
Bref, tout n'e.t plus que sang, qu'horreur, que funéraillos.
'• DifTugiunt alii ad naves, et lillnra cursu
Fida petunl; pars ingentem formidiiie tiirpi Scandunl rursus equum. et Duta condunlm m alvn.
(ViUGlLR, Énéido, II. 339.)
Racine, t. III. 16
27 8 MITHRIDATE
Mais, le dirai-je! ô ciel! rassurés par Pharnace ',
Et la honte en leurs cœurs réveillant leur audace '•,
Ils reprennent courage, ils attaquent le Roi,
Qu'un reste de soldats défendait avec moi. 1590
Qui pourrait exprimer par quels faits incroyables,
Quels coups, accompagnés de regards eflroyables,
Son bras, se signalant pour la dernière fois,
A de ce grand héros terminé les exploits?
Enfin las, et couvert de sang et de poussière, io95
11 s'était fait de morts une noble barrière *.
Un autre bataillon s'est avancé vers nous * ;
Les Romains, pour le joindre, ont suspendu ^ leurs coups.
Ils voulaient tous ensemble accabler Mithridate.
Mais lui : « C'en est assez, m'a-t-il dit, cher Arbate ; 1600
« Le sang et la fureur m'emportent trop avant.
« Ne livrons pas surtout Milhridate vivant. »
Aussitôt dans son sein il plonge son épée.
Mais la mort fuit encor sa grande âme trompée ".
Ce héros dans mes bras est tombé tout sanglant, 1605
Faible ^ et qui s'irritait contre un trépas si lent ;
Et, se plaignant à moi de ce reste de vie,
Il soulevait encor sa main appesantie ;
Et, marquant à mon bras la place de son cœur,
Semblait d'un coup plus s"ûr implorer la faveur*. 1610
Tandis que, possédé de ma douleur extrême ®,
Je songe bien plutôt à me percer moi-même,