‹ Théâtre completChapitre 56 sur 592 · ACTE I, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE IV

ZAÏRE

Mais, Madame, pourquoi?

ATALIDE

Si tu venais d'entendre Quel funeste dessein Roxane vient de prendre', Quelles conditions elle veut imposer !

Bajazet doit périr, dit-elle, ou l'épouser. 3iO

S'il se rend, que deviens-je en ce malheur extrême ^ ? Et s'il ne se rend pas, que devient-il lui-même*?

ZAÏRE

Je conçois ce malheur ; mais, à ne point mentir, Votre amour dès longtemps a dû le pressentir.

ATALIDE

Ah ! Zaïre, l'amour a-t-il tant de prudence* 345

Tout semblait avec nous être d'intelligence ^ :

Roxane, se livrant tout entière à ma foi^,

Du cœur de Bajazet se reposait sur moi'',

M'abandonnait le soin de tout ce qui le touche,

Le voyait par mes yeux, lui parlait par ma bouche ; 3S0

Et je croyais toucher au bienheureux moment

Où j'allais par ses mains couronner mon amant.

Le ciel s'est déclaré contre mon artifice*.

Et que fallait-il donc, Zaïre, que je fisse' ?

A l'erreur de Roxane ai-je dû m'opposer, 3o:i

Et perdre mon amant pour la désabuser ?

1. \o[v Mit/iridate, note du vers 1313. On a remarqué que venais et vient étaient bien r;ip|irochés.

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