‹ Théâtre completChapitre 569 sur 592 · ACHILLE, IPHIGÉNIE · texte numérisé non relu

ACHILLE, IPHIGÉNIE

ACHILLE

Venez, Madame, suivez-moi.

Ne craignez ni les cris ni la foule impuissante D'un peuple qui se presse autour de cette tente. Paraissez ; et bientôt, sans attendre mes coups, Ces flots tumultueux s'ouvriront devant vous. 1520

Patrocle, et quelques chefs qui marchent à ma suite, De mes Thessaliens vous amènent l'élite ^. Tout le reste, assemblé près de mon étendard *, Vous offre de ses rangs l'invincible rempart. A vos persécuteurs opposons cet asile ^. 1525

Qu'ils viennent vous chercher sous les tentes d'Achille Quoi? Madame, est-ce ainsi que vous me secondez? Ce n'est que par des pleurs que vous me répondez. Vous fiez-vous encore à de si faibles armes? Hâtons-nous : votre père a déjà vu vos larmes. 1530

IPHIGÉNIE

Je le sais bien. Seigneur : aussi tout mon espoir N'est plus qu'au coup mortel ® que je vais recevoir.

1. Dont on n'avait point entendu parler, sans exemple. Racine avait déjà dit (Britannicus, III, ti) :

Une perfidie inou'ie à la eour.

2. Remarquez comme, dans cette scène, sans faire de narration, Iphigénic nous a rais au courant de tout ce que nous avions besoin d'apprendre.

3. Une guerre intestine va éi'later dans le camp; Achille, suivi de ses plus braves compagnons, vient chercher Iphigénic ; il la conduira sous sa tente, où il la défendra contre tous.

4. Il parait qu'il n'y avait point d'étendards dans le eamp d'Agamcmnon, e que Racine a encore fait ici un anachronisme.

5. Sous la tente d'Achille, Iphigénic sera en sûreté, comme auprès de l'aute) d'un Dieu.

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