‹ Théâtre completChapitre 58 sur 592 · o\r Britannicus, note du vers · texte numérisé non relu

o\r Britannicus, note du vers

0. At.ilide va chercher à justifier son amour par la raison, tllc n'y réussira guèrn, et ferait peut-être mieux île s'en tenir à ses premiers mots :

Ah I Zaïre, l'amour a-t-il tant de prudence ?

Avant que dans son cœur celte amour fût formée',

J'aimais, et je pouvais m'assurer * d'être aimée.

Dès nos plus jeunes ans, tu t'en souviens assez *,

L'amour serra les nœuds par le sang commencés *. 3(30

Élevée avec lui dans le sein de sa mère ^,

J'appris à distinguer' Bajazet de son frère;

EUe-môme avec joie unit nos volontés^.

Et quoique après sa mort l'un de l'autre écartés,

Conservant, sans nous voir, le désir de nous plaire®, 365

Nous avons su toujours nous aimer et nous taire.

Roxane, qui depuis, loin de s'en défier,

A ses desseins secrets voulut m'associer,

Ne put voir sans amour ce héros trop aimable ' :

Elle courut lui tendre une main favorable. 370

Bajazet étonné rendit grâce à ses soins,

Lui rendit des respects '° : pouvait-il faire moins ?

Mais qu'aisément l'amour croit tout ce qu'il souhaite " !

De ses moindres respects Roxane satisfaite,

Nous engagea tous deux par sa facilité 373

A la laisser jouir de sa crédulité*^.

Zaïre, il faut pourtant avouer ma faiblesse :

1. Amour n'est plus aujourd'hui des deux genres que lorsqu'il désigne la passion d'un sexe pour l'autre, et encore dans ce cas n'est-il féminin au singulier qu'en poésie.

2. Avoir la certitude, l'assurance, comme dans les Plaideurs (II, vi) :

Assurei-Tous qu'Isabelle est coiislante.

3. Toute cette oonûdencc est ici parfaitement amenée et naturelle. Atalide n'apprend rien à Za'ire ; toutes deux s'oulretienncnt de ce qui intéresse Atalidc, et cet entretien nous met au courant de ce que nous devons savoir.

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