o\r Britannicus, note du vers
0. At.ilide va chercher à justifier son amour par la raison, tllc n'y réussira guèrn, et ferait peut-être mieux île s'en tenir à ses premiers mots :
Ah I Zaïre, l'amour a-t-il tant de prudence ?
Avant que dans son cœur celte amour fût formée',
J'aimais, et je pouvais m'assurer * d'être aimée.
Dès nos plus jeunes ans, tu t'en souviens assez *,
L'amour serra les nœuds par le sang commencés *. 3(30
Élevée avec lui dans le sein de sa mère ^,
J'appris à distinguer' Bajazet de son frère;
EUe-môme avec joie unit nos volontés^.
Et quoique après sa mort l'un de l'autre écartés,
Conservant, sans nous voir, le désir de nous plaire®, 365
Nous avons su toujours nous aimer et nous taire.
Roxane, qui depuis, loin de s'en défier,
A ses desseins secrets voulut m'associer,
Ne put voir sans amour ce héros trop aimable ' :
Elle courut lui tendre une main favorable. 370
Bajazet étonné rendit grâce à ses soins,
Lui rendit des respects '° : pouvait-il faire moins ?
Mais qu'aisément l'amour croit tout ce qu'il souhaite " !
De ses moindres respects Roxane satisfaite,
Nous engagea tous deux par sa facilité 373
A la laisser jouir de sa crédulité*^.
Zaïre, il faut pourtant avouer ma faiblesse :
1. Amour n'est plus aujourd'hui des deux genres que lorsqu'il désigne la passion d'un sexe pour l'autre, et encore dans ce cas n'est-il féminin au singulier qu'en poésie.
2. Avoir la certitude, l'assurance, comme dans les Plaideurs (II, vi) :
Assurei-Tous qu'Isabelle est coiislante.
3. Toute cette oonûdencc est ici parfaitement amenée et naturelle. Atalide n'apprend rien à Za'ire ; toutes deux s'oulretienncnt de ce qui intéresse Atalidc, et cet entretien nous met au courant de ce que nous devons savoir.