ACTE V, SCÈNE IV. 4 /i S
Quoi ? lu ne mourras point? quoi? pour punir son crime...
Mais où va ma douleur chercher une victime?
Quoi? pour noyer les Grecs et leurs mille vaisseaux,
Mer, tu n'ouvriras pas des aljîmes nouveaux?
Quoi? Lorsque les chassant du port qui les récèle, 1683
L'Aulide aura vomi leur flotte criminelle,
Les vents, les mêmes vents, si longtemps accusés,
Ne te couvriront pas de ses vaisseaux brisés ?
Et toi, soleil, et toi, qui dans cette contrée^
Reconnais l'héritier et le vrai fils d'Atrée -, 1690
Toi, qui n'osas du père éclairer le festin,
Recule, ils t'ont appris ce funeste chemin.
Mais, cependant, ô ciel ! ô mère infortunée !
De festons odieux ma fille couronnée ^
Tend la gorge aux couteaux par son père apprêtés. 1695
Calchas va dans son sang... Barbares, arrêtez.
C'est le pur sang du Dieu qui lance le tonnerre., .
J'entends gronder la foudre et sens trembler la terre.
Un Dieu vengeur, un Dieu fait retentir ces coups.
1. On a rapproché ces vers d'une strophe de Malherbe, dans son Ode sur l'attentat commis en lapersonnedu roi, le 19 décembre 1605 : O Soleil, ô gi-anii luminaire!
Si jaiiis l'horrcnr d'un lestin Fit que de ta route onlinaiie Tu reculas vers le malin.
Et d'un éraerveillahle change Te cuuchas aux rive? du Gan^'e, D'où vii'nl que ta sevéïilé.
Moindre qu'en la f.iute d'Atrée, Ne iniuit poinl celle conlree D'une étiTuelle obscurité ?
Rapprocher aussi la Thébaïde {I, i) :
O loi, Soleil, ô toi qui rends le jour au monde,
Que ne l'iis-tii laisse dan^ une nuit profonde !
A de si noirs forlaits prèles-lu les rayons,
Et peux-tu sans horreur voir ce que nous voyons ? ot«.
S, Dans VAlreeet Thyeste de Crébillon (V, y), au moment oii Atrée présente à Thyeste la coupe remplie du suog de son fils, le dialogue suivant s'engage entre les deux frères :
Atréb. — Méconniislu ce sang ?
Thyeste. — Je reconnais mon frère.
Crébillon ne faisait d'ailleurs que traduire Sénèque.
3. Les festons étaient jiartout en usage d:ins les cérémonies religieuses. Dans Athalie (I, m), Josabetdira au chœur des filles de Lévi :
Ces festons dans vos mains et ces fleurs sur vos tètei...
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