‹ Théâtre completChapitre 70 sur 592 · Voir Bî'ilannicus, not'i du vers · texte numérisé non relu

Voir Bî'ilannicus, not'i du vers

4. Il s'agit ici de Bajazet 1", cinquième empereur des Turcs, que Taraerlan fit prisonnier en 1402. M. Mesnard signale trois auteurs dans lesquels Racine avait pu trouver cette tradition historique : « Ces noces {de Soliman I" et dp Roxctano) se firent avec un étonnement général; car la coutume des Ottomans était de n'avoir que des concubines et ne point épouser des femmes, pour éviteil'ignominie que 'Tamerlan fit souffrir à la femme de Bajazet.» (Du Vebdier. Abrégé de l'histoire des Turcs, t. II, p. 575.) — « La loi qui fut établie dans le conseil du prince, ordonnant que les Sultans n'épouseraient point de femmes, prit naissance du règne de Bajazet I", lequel ayant épousé une femme de la maison des Paléologucs, empereurs de Constantinople, la vit, par le désastre de la guerre, captive avec soi entre les marns de Tamerlaaes, empereur des Tartares, et traitée avec tant de mépris, qu'un jour ce Scythe, les faisant manger tous deux à sa table, commanda à cette princesse de se lever et aller au buffet prendre sa coupe pour lui verser à boire. » (Bauuibr, Histoire générale du. Serrait, p. 51.)

Ce prince malheureux, que la scylhiqiie ragi! Foiça de lenuiner ses jours en une cige, Apprenant qu'on avait indignement Iraité Du sang palétilugue une illu<t;'e bi'auié, Compagne rie son lit comme di" sou eniiiire, Resieniit de ses maux le durnier et le pire; El, pour ressouTi-nir de son res=entiineiil. Aux rois ses successeurs laissa pour testament D'&ter de leur État la qualité de reine, Pour ne jamais souffrir une pareille peine.

(Desmares, Boscelane, I, ii.) On croyait, au temps de Racine, que Bajazet avait été enferme dans une cage de fer, et que sa femme avait soult'crt, en sa présence, les traitements les plus odieux. De nos jours, bien que ces fails ne soient plus regardés que comme une fable inventée par les Turcs pour, déshonorer Tamerlan, ils ont inspiré plusieurs tableaux. — Transportant en Egypte la scène de son Philadelphe, Girault de Sainville a cru y devoir transporter aussi la coutume dont parle ici Roxanc,

Et sans vous rapporter des exemples vulgaires ^

Solyman ^ (vous savez qu'entre ions vos aïeux,

Dont 1 univers a craint le bras victorieux ^,

Nul n'éleva si haut la grandeur ottomane), 465

Ce Solyman jeta les yeux sur Roxelane.

Malgré tout son orgueil, ce monarque si fier*

A son trône, à son lit daigna l'associer ^

Sans qu'elle eût d'autres droits au rang d'impératrice

Qu'un peu d'attraits peut-être, et beaucoup d'artifice*. 470

Il est vrai. Mais aussi voyez ce que je puis,

€e qu'était Solyman, et le peu queje suis.

Solyman jouissait d'une pleine puissance '' :

L'Egypte ramenée à son obéissance ^,

Rhodes, des Ottomans ce redoutable écueil, 475

De tous ses défenseurs devenu le cercueil ',

Du Danube asservi les rives désolées '°,

De l'empire persan les bornes reculées ",

Page 1