‹ Théâtre completChapitre 85 sur 592 · Voir Britannicus, note du vers · texte numérisé non relu

Voir Britannicus, note du vers

BAJ AZKT.

Vous et vos amis, cherchez quelque retraite. Je sais dans quels périls mon amitié vous jette; Et j'espérais un jour vous mieux récompenser. Mais c'en est fait, vous dis-je, il n'y faut plus penser.

Et quel est donc, Seigneur, cet obstacle invincii)le ' V 585 Tantôt dans le Serrail, j'ai laissé tout paisiijle Quelle fureur - saisit votre esprit et le sien?

Elle veut, Acomat, que je l'épouse*.

ACOMAT

Hé bien»?

L'usage des Sultans à ses vœux est contraire^; Mais cet usage enfin, est-ce une loi sévère, 590

Qu'aux dépens de vos jours vous deviez observer? La plus sainte des lois, ah! c'est de vous sauver, Et d'arracher, Seigneur, d'uaeniort manifeste Le sang des Ottomans dont vous faites le reste.

Ce reste malheureux serait trop acheté, 593

S'il faut le conserver par une lâcheté ^.

ACOMAT

Et pourquoi vous en faire une image si noire ^ ?

i. La première émotion passée, Acomat, en esprit prmlont, av.int de prendre un parti, veut s'assurer que la situation est réellement désespérée.

2. Quelle folie, quel délire? comme dans le Lutrin de Boileau (I, 97-98):

Quelle fureur, dil-il, quel aveugle caprice. Quand le dîner est prêt, vous appelle à l'amce?

C'est le sens latin :

Qui5 luror, o cives, quoe laiita insania firri

(I.iTCiix, Pharsale, I.)

3. n Voltaire citait souvent ce vers en dérision, et je crois qu'il n'avait pa» tort. Cela est polit, même pour le fond des choses, et encore plus par l'expression. C'est ici que le rôle de Bajazct commence à être au-dessous du sujet. Ce malheureux vers annonce toute la misère du personnage qu'il va jouer dans cette scène et dans le reste de la pièce: il ne sera plus qu'un amoureux de roman et quelquefois de comédie. » (La Harpe.)

4. Celte courte réponse d'.\.comat montre bien la faiblesse de l'intrigue,

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