BAJAZET, ATALIDE
Hé bien! c'est maintenant qu'il faut que je vous laisse. 665
Le ciel punit ma feinte, et confond votre adresse ^
Rien ne m'a pu parer contre ses derniers coups * :
Il fallait ou mourir, ou n'être plus à vous.
De quoi nous a servi cette indigne contrainte?
Je meurs plus tard : voilà tout le fruit de ma feinte. 670
Je vous l'avais prédit; mais vous l'avez voulu *.
J'ai reculé vos pleurs autant que je l'ai pu.
Belle Alalide, au nom de cette complaisance*,
Daignez de la Sultane éviter la présence.
Vos pleurs vous trahiraient : cachez-les à ses yeux, 675
Et ne prolongez point de dangereux adieux.
1. Ce vers fait luire de nouveau sur la scène un rayon d'espérance. Atalid 8"inve, résolue à se sacriûer pour son amant, et à ramener aux pieds de Roxane