Partie! C'était donc vrai, mon Dieu
Elle tombe sur le canapé.
CLOTILDE, la dominant avec énergie
Ecoute. Tu aimes un homme qui ne le mérite pas, q^i est un misérable; mais tu l'aimes. C'est un fait, il n'y à pas à discuter. Tu l'aimes et lu tie vèUx pas qu'il en épouse une autre. Eh bien, ne dépende pà^ stupidement ta force à gémir comme une enfant; défendd^toi; défends ton bonheur; défends ta vie. Je suis avec toi; je t'aiderai de toutes mes forces et de tout mon cœun
LUCIENNE, /uî tendant la main Ah! Clolilde!
Debout! du courage! Redresse-toi. Tu veux vaincre? Ne pense qu'à vaincre.
LUCIENNE Mais comment?
CLOTILDE
On trouvera. Debout d'abord.
LUCIENNE, se levant
Tu as raison. C'est fini. Je suis forte. Je suis prête à lutter; guide-moi, conseille-moi, je t'obéirai aveuglément.
CLOTILDE, Vembrassant
Bien. {Ecoutant.) Chut! j'entends des voix! On n'a pas sonné! C'est mon mari et le tien qui rentrent. Vite, prouve-moi que tu m'as comprise, et que tu mérites de triompher. {Elle va fermer la porte.) D'abord, tiens, mets-toi ici, à contre-jour; on ne verra pas que tu as pleuré. Et puis... {Lui offrant des gâteaux.) Si... sil... il faut... reprends des forces... tu dois être épuisée. Allons! {Elle la force à se servir.) Oui! c'est comique, le tragique de la vie. On est là; on a la mort dans le cœur, la gorge serrée; on ne peut pas avaler — et il faut s'étouffer de gâteaux. Ils sont bons d'ailleurs, tu sais ; on me les choisit; on connaît mes goûts. Tiens, je te recommande ce feuilleté.
CŒUR A CŒUR 215 » ^ — « i^...~ ..—