‹ Théatre completChapitre 242 sur 407 · ACTE III, SCENE VIII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE VIII

Puis-je pas le chassant retenir son habit?

ISABELLE

Non, non, si j'ai chez vous tant soit peu de crédit, Qu'il ne soit point chassé : ce n'est pourtant qu'un traître.

D. JUAN, à part.

Jamais coquin peut-il plus offenser son maître? Et qui l'eût jamais cru de ce chien de valet ?

Je vous quitte un moment, mon ange.

ISABELLE

Jodelet ?

D. JUAN

Madame ?

ISABELLE

Je rougis, et ne sais que lui dire.

Je vous nommais tantôt l'auteur de mon martyre, Et j'avais de l'amour pour vous : n'en croyez rien, Ce n'est qu'à don Juan que je voulais du bien. Vous étiez don Juan alors, mais à cette heure Vous êtes Jodelet.

D. JUAN

Ah ! madame, je meure !

S'il me peut arriver jamais un bien plus doux. Que de voir don Juan quelque jour votre époux.

ISABELLE

Il ne m'aima jamais, j'en suis trop assurée.

D. JUAN

Jamais chose de moi ne fut plus désirée, J'y mets toute ma gloire et mon ambition.

ISABELLE

Vous êtes donc content, car c'est ma passion.

D. JUAN

Oui, je serais content, trop aimable Isabelle,

Si j'étais assuré que vous fussiez fidèle;

Mais, hélas I jusqu'ici, tant mon malheur est grand,

Tout semble vous convaincre, et rien ne vous défend.

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