SCÈNE VIII MARINE, FLORE
MARINE
Moi.
FLORE
Tu m'écoutais donc ?
MARINE
Vous l'avez dit, madame :
Mais c'est pour vous ôter du trouble où je vous vois, Pourvu que vous vouliez vous en remettre à moi. U faudra qu'on se fâche, et que l'on me querelle, Quand je ramènerai votre esclave infidèle. Et je ferai par là d'une pierre trois coups ; Je raccommoderai le coupable avec vous : Vous ne laisserez pas de bien faire la fière. Et de. vous conserver dans votre humeur altière : Don Sanche me devra son raccommodement.
Et m'en régalera, s'il a du jugement.
Travaille à mon repos, et ménage ma gloire.
MARINE
L'un et l'autre est aisé, si vous m'en voulez croire.
A propos, votre frère au bas de l'escalier.
Conteste pour l'entrée avec son cavalier :
Quand ils se seront fait de grandes révérences.
Force civilités et force déférences.
Don Louis vous viendra présenter son cousin,
De qui vous entendrez quelcjue compliment fin.
Tandis que ce cousin radouci de visage.
Vous rendra ses respects en sublime langage,
Don Sanche peut sortir : mais, d'un autre côté.
Je viens de m'aviser d'une difficulté;
Votre frère inquiet, autant qu'homme du monde,
Quand il donne à manger sur sa grand'table ronde,
Et que son ordinaire est un peu rehaussé.
Va, vient, monte, descend, et fait fort l'empressé.
Quand il ira cent fois visiter sa cuisine.
S'il allait rencontrer, et don Sanche, et Marine,
Indubitablement il les rouerait de coups.
Et ses coups pourraient bien s'étendre jusqu'à vous.