‹ Théatre completChapitre 338 sur 407 · FL0I\E · texte numérisé non relu

FL0I\E

Je ne veux point ta mort.

D. SANCHE

C'est assez la vouloir, Que de me déclarer indigne de vous voir. Et c'est me dire assez ce qui me reste à faire, Pour me mettre en état de ne vous plus déplaire.

FLOBE.

Ingrat, qui sais tenir de semblables discours. Qui te forçait d'aimer pour n'aimer pas toujours?

D. SANCHE

Je vous aimai toujours, et d'une ardeur extrême : Mais ne voit-on jamais offenser ce qu'on aime? Doit-on faire durer si longtemps un courroux? Nous offensons les dieux oui peuvent tout sur nous; Mais ces divinités qui quelquefois punissent, Pardonnent plus souvent et jamais ne haïssent. Conformez-vous, madame, à ces divinités Dont vous avez déjà les -célestes beautés ; L'esclave fugitif qui revient dans vos chaînes.

Puni par son remords autant que par ses peines, En a souffert assez pour apprendre aux ingrats Qu'il est des châtiments pires que le trépas.

FLORE

Et tes discours flatteurs, et tes trompeuses larmes, N'ont pour moi désormais ni mérites ni charmes. Méchant» qu'on ne peut trop, ni trop longtemps haïr, Ne tient-il qu'à tromper, ne tient-il qu'à trahir? A cause qu on saura se valoir de ses feintes, A moi que tu trahis, tu fais de moi des plaintes? Infidèle! ah, jamais ne parais devant moi! Ce sont là de vos tours. Marine?

MARINE

En bonne foi, - Il s'est comme ud lion, un tigre sanguinaire, Poussé jusques ici, quoi que je pusse faire. Un homme plein d'amour est pire qu'enragé, Prend tout sans demander, entre et sort sans congé.

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