‹ Théatre completChapitre 358 sur 407 · ACTE y, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE y, SCENE V

Fausse en voire douceur, fausse en votre colère I

Pour autoriser donc votre infidélité,

Vous vouliez m'inspirer la même lâcheté ?

C'est donc pour un dessein de si grande importance,

Que vous me combattiez avec tant d'éloquence?

Mais m'ayant tant aimé, me deviez-vous haïr?

Ou pour m'avoir haï, m'avez-vous dû trahir ?

FLORE

M'osez-vous condamner avant que de m'entendre ?

D. SANGHE.

Convaincue, osez-vous encore vous défendre ? Il faut lui répéter les discours spécieux Dont elle m'appuyait ses conseils odieux : Ne suivez plus un bien qui ne se peut atteindre; Songez aux ennemis que vous avez à craindre. Il est vrai que jamais une infidélité N'appuya ses raisons sur plus de vérité. Vous m'êtes à la fois ce bien inaccessible. Et de mes ennemis l'ennemi plus terrible : Et comme un ennemi que l'on veut prévenir, Pour me tuer, sans doute, on m'aura fait venir. Mais avant que ma mort vide notre querelle. Je jugerai du choix de votre âme infidèle : Je verrai ce galant.

FLORE

Si je sais quel il est, Si vous pouvez prouver que j'y prenne intérêt...

Puisque vous ignorez quel homme ce peut être. J'espère en peu de temps vous le faire connaître.

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