‹ Théatre completChapitre 384 sur 407 · NICANOR, AMINTAS · texte numérisé non relu

NICANOR, AMINTAS

NIGÂNOR.

Défions-nous, mon fils, de cette âme cachée : Quand du commun danger elle paraît touchée. Et nous porte au combat pour le salut de tous. Elle veut seulement se défaire de nous.

ÂMINTAS.

Quelque dessein qu'elle ait, cette belle princesse. Sa volonté toujours de la mienne est maîtresse, Et de mes actions seule et fatale loi. Dispose absolument de moi-même sans moi. Heureux qu'eu ce rencontre elle ne me propose Qu'une bonne action, à quoi rien ne s'oppose. Et qu'elle ne se sert de son divin pouvoir, Qu'à porter mon courage à faire son devoir.

NICANOR

Qu'aveuglément tu suis une amour insensée I

AMINTAS

Vous m'en avez, seigneur, inspiré la pensée.

NICANOR

On change de dessein, selon l'utilité.

AMINTAS

On ne suit pas ainsi l'exacte probité.

NICANOR

Ah I ne te pique pas de ces vertus frivoles.

AMINTAS

C'est perdre temps, seigneur, en de vaifies paroles.

Tandis que de Paphos tout le peuple étonné Se croit avec raison de nous abandonné. Donnons pour son salut des ordres nécessaires, Envoyons des partis observer les corsaires ;- Tandis que vous veillez à défendre nos murs, Employez ma valeur aux travaux les plus durs ; Rendez-moi digne enfin de ces hautes pensées Que vos conseils hardis dans mon âme ont laissées.

NICANOR

Allons donc faire encor des ingrats dans Paphos.

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