ACTE III, SCENE III
Guignant les gens au nez, soit qu'on entre ou qu'on sorte. Dans ses mains par malheur je suis tantôt tombé, Et sous ses questions j*ai quasi succombé. Elle m'a fait sur vous mille et mille demandes, Quand elle m'aurait fait autant de réprimandes. Je crois sur mon honneur, qu'elle m'eût moins pesé. Quelqu'un dans son esprit vous a démarquisé ; Je l'en trouve pour vous un peu moins écnauffée, Et même je la tiens de don Biaise coëfiFée, Et que c'est pour lui seul qu'elle bat le pavé.
D. SANCHE
Je voudrais de bon cœur qu'elle l'eût enlevé.
MERLIN
Le marquisat sans doute a donné dans son tendre, Un marquisat aussi n'est pas mauvais à prendre.
D. SANCHE
Plût à Dieu que ses yeux fissent un même effet Sur ce cher frère aîné, qui serait bien son fait, Et que d'elle amoureux, il me cédât mon angel
MERLIN
Qui ne pleurerait pas peut-être d'un tel change :
Mais songez-vous encor à la prise d'un cœur
Si régulièrement retranché dans l'honneur.
Un cœur qu'on peut nommer la plus dure des roches,
Qui ne veut pas souffrir seulement des approches?
Vous allez m'alléguer ses yeux, astres jumeaux.
D'accord : mais c'est tirer votre poudre aux moineaux.
D. SANCHE
A peine croiras-tu, Merlin, par quelle voie Un espoir surprenant ressuscite ma joie.
MERLIN
Dites-la, vous verrez si je la crois ou non.
D. SANCHE
Aussi jaloux que fou, mon frère tout de bon.
Veut que.... mais quelqu'un vient ; je te dirai le reste
Tantôt.