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SCÈNE III BLANCHE , DON SANCHE

BLANCHE

0 Dieu 1 je vois don Sanche.

D. SANCHE

Je vous obéirai, trop inhumaine Blanche I

Vous n'aurez pas plus tôt rendu mon frère heureux,

Que j'exécuterai votre arrêt rigoureux :

Oui, je contenterai votre cruelle envie.

J'irai loin de vos yeux, les astres de ma vie,

Mes véritables dieux, mais des dieux ennemis,

Qui me vont tout ôter et m'avaient tout promis.

D. BLAIZE, caché.

n la presse un peu trop, le fripon, et je gage Qu'après un autre assaut la dame n'est plus sage.

BLANCHE

Don Sanche ! ô ma vertu que vais-je dire ici I Qui vous oblige donc à nous quitter aiusi ?

D. SANCHE

Qui le sait mieux que vous, trop cruelle personne ? Qui le peut mieux savoir que celle qui l'ordonne?

BLANCHE

Celle dont la rigueur vous afflige si fort

N'a guère moins que vous à se plaindre du sort.

Elle n'empêche point que don Sanche n'espère :

Elle le saura bien distinguer de son frère,

Quand par un juste choix, d'où dépend son bonheur,

Sa bouche publîra ce que cache son cœur.

Elle veut bien encor qu'il sache qu'une absence

Peut nuire à ses desseins beaucoup plus qu'il ne pense.

Nous nous verrons, don Sanche.

Blanche sort.

D. SANCHE

0 dieu I tout est perdu, Blanche m'aime, et don Blaize aura tout entendu.

D. BLÂIZE, sortant de sa cachette.

Haï ha! petit cadet, vous l'avez débauchée Cette jeune beauté, de vertu non tachée, Ce riche don du ciel, cette chère moitié, Et digne de mon choix et de mon amitié ; Contre qui vos serments, vos prières, vos larmes. N'ont été, disiez-vous, que d'inutiles armes ; Qui vous a fait sentir les traits de son courroux ; Que vous n'espérez pas de r'apaiser sans nous. Vous courez donc ainsi sur le marché d'un frère ?

D. SANCHE

Eh I ne m'avez-vous pas commandé de le faire? De lui porter dans l'âme un sentiment d'amour?

D. BLAIZE

Et c'est dont je me plains, çodelureau de cour ! Je vous avais bien dit de lui parler de flamme. Afin de découvrir ce qu'elle avait dans l'âme ; Mais de la coqueter, comme vous l'avez fait, Ah ! c'est une action d'infidèle cadet. Ma foi, de la façon qu'il me l'a muguetée, De la place où j étais, j'avais l'âme tentée. Le fripon lui tirait ses coups à bout portant. La plus laide guenon qui m'en dirait autant Triompherait bientôt de notre continence. Ordugno I

ORDUGNa.

Monseigneur!

D. BLAIZE

Va-t-en, en diligence. Arrêter des chevaux et les tiens prêts sans bruit. Je ne veux pas coucher à Madrid cette nuit : Tâche de me trouver aussi ce vieux don Cosme, L'homme le plus fâcheux qui soit dans le royaume,

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