‹ Théatre completChapitre 61 sur 407 · BLANCHE, DON SANCHE, DON BLAIZE · texte numérisé non relu

BLANCHE, DON SANCHE, DON BLAIZE

BLANCHE

Oses-ta bien tenir de semblables discours

A qui te voudrait voir à la fin de tes jours?

Oses-tu m*éprouver par de lâches atteintes,

Et me choisir encor pour l'objet de tes feintes ?

J'avais d'abord puni, comme toute autre eût fait,

D'une juste colère un amour indiscret ;

Mais depuis, soupçonnant que tu feignais ta flamme

Pour tenter ma vertu, pour éprouver mon âme :

Car qui jamais eût cru qu'un amour criminel .

Eût banni de ton cœur le respect fraternel ?

J'ai feint de compatir à ta peine insensée ;

J'ai feint que ton amour m'avait l'âme blessée ;

Tes yeux m'ont vu rougir et m'ont vu soupirer,

Et ma feinte bonté t'a permis d'espérer ;

Mais maintenant je sais que ton cœur est capable

Du crime le plus noir et le plus détestable :

Sache aussi que le mien est aussi vertueux

Que le tien est ingrat, lâche et présomptueux ;

Et quand il deviendrait d'un crime susceptible.

Qu'il ne serait jamais à ton amour sensible ;

Sache qu'il chérira ton frère tendrement.

Et qu'il te haïra toujours mortellement.

Elle s'en va.

D. BLAIZE paraît.

Qu'en dites-vous, cadet? Blanche et vous, ce me semble, Quoiqu'aimables tous deux, n'êtes pas bien ensemble. Ordugno !

ORDUGNO.

Monseigneur I

D. BLAIZE

Et c'est parler, cela ?

C'est comme il faut traiter un coquet Quinola. 0 la maltresse fille ! Et Porcie et Lucrèce Ne l'ont jamais value avecque leur prouesse : Lucrèce avec Tarquin se donna du bon temps. Et l'autre se brûla la gorge à contre-temps. Dieu ! qu'elle est raisonnable et qu'elle est forte en bouche. Celle jiue je croyais une sainte N'y touche I Ma foi, je me marie au son de maint rebec.

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