‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 125 sur 454 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

ATRÉK.

Quoi ! môme dans des lieux soumis à ma puissance, J'aurai tenté sans fruit une juste vengeance! Et lo lâche qui doit la servir en ce jour Trahit, pour la tromper, jusques à son amour! Ah! je le punirai de l'avoir dillérée, Comme fils de Thyesle, ou comme fils d'Atrée. Mériter ma vengeance est un moindre forfait Que d'oser un moment en retarder l'elfet. Perfide, malgré toi je t'en ferai complice : [plice; Ton roi pour tant d'affronts n'a pas pour un sup- Je ne punirais point vos forfaits différents, Si je ne m'en vengeais par des forfaits plus grands. 0(i Thyeste parait, tout respire le crime : Je me sens agité de l'esprit qui l'anime; Je suis déjà coupable. Etait-ce me venger Que de charger son fils du soin de l'égorger? Qu'il vive ; ce n'est plus sa mort que je médite. La mort n'est que la fin des tourments qu'il mérite. Que le perfide, en proie aux horreurs de son sort, Implore comme un bien la jilus affreuse mort; Que ma triste vengeance, à lous les deux cruelle, Étonnejusqu'aux dieux, qui n'ontrien faitpour elle. Vengeons tous nos affronts, mais par un tel forfait Que Thyeste lui-même eût voulu l'avoir fait. Lâche et vaine pitié, que ton nmrinure cesse : Dans les cœurs outragés tu nés qu'une faiblesse; Abandonne le mien : qu'oxiges-tu d'un cœur Qui ne reconnaît plus de dieux que sa fureur? Courons tout préparer ; et, par un coup funeste. Surpassons, s'il se peut, les crimes de Thyesle. Le cii^l, pour le punir d'avoir pu m'outragor, Â remis à son sang lo soin de m'en venger.

78 ATRÉE ET TIIYESTE.

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