SCÈNE V
ATRÉE, THYESTE, r. a uni: s.
ATBKE.
Cher Thyeste, approcnez. D'où nait cette fraycii- ? Quel df'plaisir si prompt peut troublervolre cœur? Vous paraissez saisi d'une douleur secrète, Et ne me montrez plus celte âme satisfaite Qui semblait respirer la douceur de la paix: Ne serait-elle plus vos plus tendres souhaits? [teinte ? Quoi! de quelque soupçon votre fime est-elle at- Cejour, cetheurouxjour est-il fait pour la crainte? Mon frère, vous devez la bannir désormais ; La coupe va bientôt nous unir pour jamais. Coùtez-vnus la douceur d'une paix si parfaite ? Et la souhaitez-vous comme je la souhaite? N'êtes-vous pas sensible à ce rare bonheur?
THYESTE
Qui ? moi, vous soupçonner ou vous haïr, seigneur ! Les dieux m'en sont témoins, ces dieux qu'ici j';it-
[teslf*.
Qui lisent mieux que vous dans l'âme de Thyeste. Ne vous offensez point d'une vaine terreur Qui semble malgré moi s'emparer de mon cœur. Je le sens agité d'une douleur mortelle : Ma constance succombe; en vain je la rappelle; Et depuis un moment mon esprit abattu Laisse d'un poids honteux accabler sa vertu. Cependant près devons un je ne sais quel charme Suspend dans ce moment le trouble qui m'alarme.
90 ATRÉE ET TflYESTE-
Pour rassurei' eucor mes timides esprits, Rendez-moi mes enfants, faites venir mon fils; Qu'il puisse être témoin d'une union si chère, Et partager, seigneur, les bontés de mon frère.
ATHÉE
Vous serez satisfait, Thyeste ; et votre fils Pour jamais en ces lieux va vous être remis. Oui, mon frère, il n'est plus que la Parque inhu- Qui puisse séparer Thyeste de Plisthène. [maine Vous le verrez bientôt; un ordre de ma part Le fait de ce palais hâter votre départ. Pour donner de ma foi des preuves plus certaines, Je veux vous renvoyer dès ce jour à Mycènes. Malgré ce que je fais, peu sûr de cette foi, Je vois que votre cœur s'alarme auprès de moi. J'avais cru cependant qu'une pleine assurance Devait suivre...
THYESTE
Ah! seigneur, ce reproche m'offense.
ATRÉE, à ses gardes.
Qu'on cherche la princesse, allez ; et qu'en ces lieux Phsthène sans tarder se présente à ses yeux. Il faut...