‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 183 sur 454 · ORESTE, ELECTRE. PALAMÉDE, ANTÉNOR · texte numérisé non relu

ORESTE, ELECTRE. PALAMÉDE, ANTÉNOR

ARCAS, gardes.

ORESTE. [plore ;

Frappez, dieux tout-puissanis que ma fureur im- Dieux vengeurs, s'il en est, puisque je vis encore, Frappez : mon crime atl'reux ne regarde que vous. Le ciel n'a-t-il pour moi que des tourments trop Je vois ce qui retient un courroux légitime ; [doux? Dieux, vous ne savez point comme on punit mon

ELECTRE. [crime.

Ah! mon frère, calmez cette aveugle fureur : N'ai-je donc pas assez de ma propre douleur ? Voulez-vous me donner la mort, mon cher Oreste?

ORESTE

Ah! ne prononcez plus ce nom que je déteste. Et toi que fait frémir mon aspect odieux. Nature, tant de fois outragi'e en ces lieux, Ji? viens de te venger du meurtre de mon père ; Mais qui te vengera du meurtre de ma mère? Ah! si pour m'en punir le ciel est sans pouvoir, Prètons-lui les fureurs d'un juste désespoir, [sent! 0 dieux ! que mes remords, s'il se peut, vous tléchis- Que mon sang, que mes pleurs, s'il se peut, t'alten- Ma mère! vois couler... [drissent,

(il veut se tuer.)

PALAMÉDE, le désarmant.

Ah, seigneur !

ORESTE

Laisse-moi :

Je ne veux rien, cruel, d'Electre ni de toi : Votre cœur, affamé de sang et de victimes. M'a faitsouiller mamain du plus affreux des crimes. Mais quoi ! quelle vapeur vient obscurcir les airs ? Grâce au ciel, on m'entr'ouvre un chemin aux enfers: Descendons, les enfers n'ont rien qui m'épouvante ; Suivons le noir sentier que le sort me présente ; Cachons-nous dans l'horreur de l'éternelle nuit.

4 40 ELECTRE

Qiiolle tvislc clarlédans ce moment me luit? Uni nunène le jour dans ces retraites sombres? Que vois-je? mon aspect épouvante les ombres ! Que de gémissements ! que de cris douloureux! << Oreste! » Qui m'appelle en ce séjour affreux? Egistlie! Ah ! c'en est trop, il faut qu'à ma colère... Que vois-je? dans ses mains la tête de ma mère ! Quels regards ! Oùfuirai-je? Ah! monstre furieuy. Quel spectacle oses-tu présenter à mes yeux? Je no souffre que trop, monstre cruel, arrête: A mes yeux effrayés dérobe cette tête.

Ah ! ma mère, épargnez votre malheureux fils. Ombre d'Agamemnon, sois sensible à mes cris; J'implore ton secours, chère ombre de mon père; Viens défendre ton fils des fureurs de sa mère ; Prends pitié de l'état où tu me vois réduit. Quoi! jusque dans tes bras la barbare me suit!... C'en est fait! je succombe à cet affreux supplice. Du crime de ma main mon cœur n'est point com- J'éprouve cependant des tourments infinis, [plice; Dieux! les plus criminels seraient-ils plus punis ?

FIN d'Electre.

RHADAMISTE et ZENOBIE

TRAGÉDIE

RRPRl'lSB.NTKB POUR LA TREJUKRE FOIS LE 23 JAI^VIER 1711.

ACTEURS

PH VKAS'JANE, roi il'Iliéiic.

ItlIADAMlSTE, roi d'Arménie, Gis de Pbarasmane.

ZKNOBIE, femme de Riiadamii'tc, sous le nom d'Israénie.

AR^AME, frère de Rhadamisfe.

HIÉUON, ambassadeur d'Arménie, et confident de Rhad imiste.

MÎTRANE, capitaine des gardes de Pliarasmane.

HYnASPE, conûdcnt de Piiarasmaue.

PH É.NICE, confidente de Zénobie.

Gakdbs.

La sceno est dans Artanisse, capitale de l'Ibérie, dans le palais de Pliarasmane.

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