‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 215 sur 454 · ACTE IV, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VI

Connais donc tout ce cœur que lu peux soupçonner: Je vais par un seul tiail te le faire connailre, Et de mon sort après je te laisse le maître. Ton frère me fut cher, je ne le puis nier; Je ne cherche pas même à m'en justifier; Mais, malgré son amour, ce prince, qui l'ignore. Sans tes lâches soupçons l'ignorerait encore.

(a Arsame.)

Prince, après cet aveu, je ne vous dis plus rien. Vous connaissez assez un cœur comme le mien. Pour croire que sur lui l'amour ait quelque empire Mon époux est vivant, ainsi ma flamme expire. Cessez donc d'écouter un amour odieux.

Et surtout gardez-vous de paraître à mes yeux.

(a Rhadamiste.)

Pour toi, dès que la nuit pourra me le permettre, Dans tes mains, en ces lieux, je viendrai me remel- Je connais la fureur de tes soupçons jaloux, [tre. Mais j'ai trop de vertu pour craindre mon époux.

(Elle sort.) RHADAMISTE.

Barbare que je suis! quoi! ma fureur jalouse Déshonore à la fois mon frère et mon épouse! Adieu, prince; je cours, honteux de mon erreur, Aux pieds de Zénobie expier ma fureur.

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