SCÈNE PREMIÈRE
BÉLUS
né quoi ! toujours du sort la barbare constance De mes justes desseins trahira la prudence, Tandis que, de ma sœur appuyant les forfaits, Il semble chaque jour prévenir ses souhaits! 0 justice du ciel, que j'ai peine à comprendre! Quel crime faut-il donc pour te faire descendre? Quels forfaits aux mortels ne seront pas permis, Si tu vois sans courroux ceux de Sémiramis? Mère dénaturée, épouse parricide.
Moins reine que tyran daus un sexe timide, Idole d'une cour sans honneur et sans foi ; Voilà ce que le ciel protège contre moi ! En vain à son devoir Bélus toujours fidèle Implore le secours d'une main immortelle ;
18» SÉMIRAMIS
Loin de me seconder dans mon juste transport, Avec Sémiramis tout semble ici d'accord : Elle triomphe ; et moi je suis seul sans défense. Eh ! depuis quand les dieux sont-ils donc sans veii-
[geancn ?
Mais que dis-jo ? Et les dieux ne me laisseni-ils pas, Pour tout oser, un cœur, et, pour frapper, un bras? Le crime est avéré: pour lui livrer la guerre, Ma vertu me suffit au défaut du tonnerre. Puisque les noms de fils, et de mère, et d'époux. Sont désormais des noms peu sacrés parmi nous. Qui peut me retenir? Est-ce le nom de trére Qui puisse être un obstacle à ma juste colère? Ombre du grand Ninus, Bélus te fera voir Qu'il ne connaît de nom que celui du devoir. Eh! ne suffît-il pas au courroux qui m'anime Que ton sang m'ait tracé le nom de la victime ? Mais que vois-je? Déjà Madate de retour Devance dans ces lieux la lumière du jour!