‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 349 sur 454 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

ARTABAN

Amour d'un vain renom, faiblesse scrupuleuse, Cessez de tourmenler une âme généreuse,

316 XERXES

Digne de s'aflranchir de vos soins odieux. Chacun a ses vertus, ainsi qu'il a ses dieux, Dès que le sort nous garde un succès favorable. Le sceptre absouttoujours la main la plus coupable; n fait du parricide un homme généreux ; Le crime n'est forfait que pour les malheureux. Pâles divinités qui tourmentez les ombres, Et répandez l'effroi dans les royaumes sombres, Venez voir un mortel, plus terrible que vous, Surpasser vos fureurs par de plus nobles coups. Du plus illustre sang ma main bientôt fumante Va tout remplir ici d'horreur et d'épouvante : Tout va trembler, frémir; et moi, je vais régner. Vertu ! c'est à ce prix qu'on peut te dédaigner... J'apeiçois Darius: une affreuse tristesse Semble occuper son cœur.

Page 1