‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 351 sur 454 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Où vaîs-je, malheureux? et quel est mon espoir? Qu'est devenu ce cœur si plein de son devoir? Quoi! j'ose violer le palais de mon père ! Moi, qui me reprochais une plainte légère, Qui m'enorgueillissais d'une austère vertu, Je me rends sans avoir seulement comhattu ! D'amant infortuné devenu fil? perfide.

J'abandonne mon cœur au transport qui le guide I C'est ainsi que, de nous disposant à son gré, L'amour sait de nos cœurs s'emparer par degré ; Et, d'appâts en appâts conduisant la victime, Il la fait à la fin passer de crime en crime. Lieux où je prétendais un jour entrer en roi, Où j'entre en malheureux qui viole sa foi. Puissent les soins cruels où mon amour m'engage Vous épargner encore un plus sanglant outrage ! Je ne sais quel efTroi vient ici me troubler, Maisje sais qu'un grand cœur peutquelquefoistrem- Je combats vainement un trouble si funeste, [hier. En vain je vais revoir le seul bien qui me reste : Loin de pouvoir coûter un espoir si charmant. Je ne ressens qu'horreur et que saisissement. Ce cœur, dans les hasards fameux par son audace, S'alarme sans savoir quel péril le menace. On vient : c'est Amestris. Que, dans son désespoir, Mon triste cœur avait besoin de la revoiri

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