‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 398 sur 454 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

PYRRHUS, ANDROCLIDE, CYNÉAS.

ANDROCLIDE.

Enfin, il m'est permis, seigneur, de vous connaître, Et d'oser embrasser les genoux de mon maître Dieux ! quel ravissement ! Quelle douceur pour moi De trouver un iéros dans le fils de mon roi ! Mais de ce bien si doux que vous troublez la joie Par les transports secrets où je vous vois en proie ! Glaucias, à son tour accablé de- douleur, Semble plus que jamais ressentir son malheur. Seigneur, daignez calmer cette douleur cruelle ; Songez qu'un seul instant peut la rendre mortelle Ne 1 abandonnez pas en ces tristes moments.

Je puis avoir pour lui d'autres empressements. Androclide, je sais que je vous dois la vie; Que sans vous, en naissant, on me l'aurait ravie: Allez, de ce bienfait je saurai m'acquitter.

ANDROCLIDE.

Le roi m'a commandé de ne vous point quitter.

Glaucias est un roi que j'estime et que j'aime ; Mais je ne dépends plus ici que de moi-même. Pour vous, que le destin a soumis âmes lois, Respectez-les du moins une première lois, Et cessez d'écouter une crainte frivole. Glaucias me connaît: j'ai donné ma parole; J'ai juré d'épargner un tyran odieux, Et de ne point troubler l'asile de ces lieux. Que pouvais-je de plus pour le roi d'IUyrie "** Allez : si vous m'aimez, prenez soin de sa vie.

ANDROCLIDE.

Seigneur...

Obéissez. Profitons des instants Que j'ai pu dérober à leurs soins vigilants.

ses PYRRHUS.

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