‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 435 sur 454 · ACTE III, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE V

Tout César n'est ici qu'un objet de colère. Héritier de l'ingrat qui détruisit mon père, Octave n'est pour moi qu'un rival odieux Dont l'orgueilleux mépris m'a rendu furieux. Tenté plus d'une fois d'en pifnir l'insolence... Qu'il rende de ses jours grâce à votre présence.

TDLLIE.

Sextus, ce fier rival n'en est pas un pour vous : Un amant méprisé ne fait point de jaloux. Mais un grand cœur doit-il céder sans espérance Aux dangereux appas d'une aveugle vengeance? Ah ! quand même a César on donnerait la mort, Son trépas seul peut-U relever votre sort? Tout vous promet ailleurs de hautes destinées, Qui sans gloire, en ces lieux, se verraient terminées. Fuyons, mon cher Sextus : fuir n'est un déshonneur Que pour ceux dont on peut soupçonner la valeur : Fuyons, loin de tenter des etîorts inutiles. Taudis qu'en ce palais on nous laisse tranquilles, Allons sans plus larder rejoindre Cicéron. La vertu de Mécène, exempte de soupçon, Ne nous en doit pas moins alarmer sur son zèle. Je vois sur son départ que mon père chancelé : Courons le raffermir. Octave est violent; Pour nous perdre tous trois il ne faut qu'un moment.

SEXTDS.

Ah ! ne redoutez rien ; je connais la prudence De ce nouveau tyran peu sûr de sa puissance. Comme il me croit Gaulois, et qu'il a besoin d'eux, 11 craint trop d'irriter ces peuples dangereux.

TULLIE

Jugez de ses frayeurs à l'objet qui s'avance ; C'est l'affranchi chargé du soin de sa vengeance, Qui vient vous immoler ou s'assurer de vous. Ah ! Sextus, laissez-moi m'ofîrir seule à ses coups,

SEXTUS

Vous exposer pour moi, c'est m'outrager, TuUie. M'enviez-vous l'honneur de défendre ma vie ?

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