‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 63 sur 454 · IDOMÉNÉE, ÉRIXÈNE, SOPHRONYME, ISMÈNE · texte numérisé non relu

IDOMÉNÉE, ÉRIXÈNE, SOPHRONYME, ISMÈNE

IDOMÉNÉE

Madame, demeurez... Demeurez, Érixène.

Mérion par sa mort vient d'éteindre ma haine ;

Ainsi ne craignez point ma rencontre en ces lieux :

Vous pouvez y rester sans y blesser mes yeux.

Mérion me fut cher; maus de cet infidèle

Mes bienfaits redoublés ne firent qu'un rebelle.

Vous le savez; l'ingrat, pour prix de ces bienfaits,

Osa contre leur roi soulever mes sujets.

Son crime fut de près suivi par son supplice, .

Et son sang n'a que trop satisfait ma justice :

Je l'en vis à regret laver son attentat ;

Mais je devais sa tête à nos lois, à l'État :

Et près de vous j'oublie une loi trop sévère,

Qui rend de mes pareils la haine héréditaire.

Si, content de sa mort, votre haine s'éteint Dans le sang d'un héros dont ce palais est teint, La mienne, que ce sang éternise en mon âme, A votre seul aspect se redouble et s'enflamme. Jai vu mon père, hélas! de mille coups percé; Tout son sang cependant n'est pas encor versé... Que sa mort lui enfin injuste ou légitime, Auprès de moi du moins songez qu'elle est un crime: Mon courroux là-dessus ne counaît point de loi

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