ACTE II, SCL-NE V
Qui fut pour Jupiler un asile assuré, J iiilerroge en irembiant ie dieu sur nos misères. Le prêtre destiné pour les secrets mystères Se traîne, prosterné, prés d'un antre profond, Ouvre... Avec mille cris le gouffre lui répond ; D'affreux gémissements et des voix lamentables Formaient à longs sanglots des accents pitoyables, Mais qui venaient à moi comme des sons perdus. Dont résonnait le temple en échos mal rendus. Je prêtais cependant une oreille attentive. Lorsque enfin une voix, plus forte et plus plaintive, A paru rassembler tant de cris douloureux, Et répéter cent fois •• u 0 roi trop malheureux ! » Déjà saisi d'horreur d'une si triste plainte, Le prêtre m'a bientôt frappé d'une autre crainte, Quand, relevant sur lui mes timides regards, Je le vois, l'œil farouche et les cheveux épars. Se débattre longtemps sous le dieu qui l'accable, Et prononcer enfin cet arrêt formidable : « Le roi n'ignore pas ce qu'exigent les dieux : « Maître encor de la Crète et de sa destinée, « Il porte dans ses mains le salut de ces lieux; « li faut le sang d'Idoraénée. »
IDOMÉNÉE
Le roi n'ignore pas ce qu'exigent les dieux !
(à Soplironyme.)
Tu vois si les cruels pouvaient s'expli*|uer mieux. <it;\ces à leur fureui-, toute erreur so dissipe; J'entrevois... Il suffit : laisse-nous, Égésippe. Sur un secret enfin qui regarde ton roi. Songe, malgré les dieux, à lui garder ta foi.