ACTE II, SCÈNE Vil
A cet ordre, scigiiear, est-ce à moi de souscrire? Ciel ! est-ce à votre fils à vous ravir l'empire ?
IDOMÉNÉE
liégnez, mon fils, régnez sur la Crète et sur moi ; Je le demande en père, et vous l'ordonne en roi. Cher prince, à mes désirs que votre cœur se rende : Pour la ilerniére fois peut-être je commande.
idamante.
Si votre nom ici ne doit plus commander. N'attendez point, seigneur, de m'y voir succéder. Et qui peut vous forcer d'abandonner le trône?
IDOMÉNÉE
Eh bien! régnez, mon fils. ..c'est le ciel qui l'ordonne...
IDAMANTE.
Le ciel lui-même, hélas! le garant de ma foi, Le ciel m'ordonnerait de détrôner mon roi? De tout ce que j'entends que ma frayeur redouble ! Ah ! par pitié, seigneur, éclaircissez mon trouble; Dissipez les horreurs d'un si triste entretien : Est-il dans votre cœur des secrets pour le mien? Parlez, ne craignez point d'augmenter mes alarmes; C'est trop se taire... Ah! ciel! je vois couler vos larmes! Vous me cachez en vain ces pleurs que j'ai surpris. Dieux ! que m'annoncez-vous? Ah ! seigneur !...
IDOMÉNÉE
Ah! mon fils! Voyez où me réduit la colère céleste... Sophronyme, fuyons cet entretien funeste...
IDAMANTE.
Où fuyez-vous, seigneur?
IDOMÉNÉE
Je vous fflis à regret.
Mon fils; vous n'en saurez que trop lot le secret.