ACTE m, SCÈNE V
Malgré moi de ce feu je vis mon cœur atteint ; Peut-être malgré moi je l'y verrais éteint. Mais ce cœur, à l'amour que je n'ai pu soustraire, Dans le rival du moins aime toujours un père. Par un nom si sacré tout autre suspendu...
IDOMÉNÉE
Dans le nom de rival tout nom est confondu. Vous n'êtes plus mon lils; ou, peu digne de l'être. Jevoisquetoutmonsang n'en aforméqu'untraitre.
IDAMANTE.
Où fuirai-je? grands dieux! De quels noms ennemis Accablez-vous, seifineur, votre malheureux fils! Ah ! quels noms odieux me faites-vous entendre ! Quelle horreur pour un (ils lespectueux et tondre ! Son;:t'z-vous que ce lils est encor devant vous, Ce lils longtemps l'objet de sentiments plus doux, Hrùiant d'un feu cruel que je ne puis éteindre. Vous me devez, seigneur, moins baïrq^ue ineplain- Et si ma Uamme enfin est un crime si noir, [dre ; Vous êtes bien vengé par mon seul désespoir Cessez de m'envier une importune flamme : Odieux à l'objet qui sait cli;umer mon àme, Abhorré d'un rival que j'aimerai toujours. Seigneur, voilà le fruit de mes tristes amours. Mais, puisque de ce feu qui tous deux nous anime Sur mon cœur trop épris est tombé tout le crinje, Je saurai m'en punir; et je sens que ce cœur Vous craint déjà bien moins que sa propre fureur. Désormais tout en pioieau transport qui me guide, Je vous délivrerai de ce fils si perfide. Si mon coupable cœur vous trahit malgré moi, Mon bras plus innocent saura venger mon roi. Cen'estpasd'aujourd'huitju'ilseï tvotie veng aiice, Et je vais en punir ce cœur qui vous otiense.
(il tire 3011 t'pée.)
Soyez donc satisfait...
IDOMÉNÉE, l'arrêtant.
Arrêtez, furieux...
IDAMANTE.
Laissez couler le sang d'un rival odieux.
Mon fils!...
IDAMANTE.
D'un nom si cher m'honorez-vous encore?
Laissez-moi me punir d'un feu qui me dévoie.
JO IDOMÉNÉE
I D O M É Mi E .
Ma vertu jusque-là ne saurait se trahir... Va, fils infortuné... je ne le puis haïr...
IDAMANTE.
Ah ! seigneur !...
IDOMÉNÉE
Laissez-moi, fuyez ma triste vu-; Ne renouvelons plus un discours qui me tue.