‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 91 sur 454 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

IDAMANTE, POLYCLÈTE.

I DAMANTE. [mvstère

Qu'ai-je entendu? grands dieux! quel horrible M'avait longtemps voilé l'amitié de mon père! A la fin sans nuage il éclate à mes yeux Ce sacrilège vœu, ce mystère odieux.

"Vous, peuples, qui craignez d'immoler la victime Dont le sang doit fléchir le ciol qui vous opprime, Peuples, cessez de plaindre un cnoix si glorieux : Il est beau de mourir pour apaiser les dieux.

(a PolyclètP.)

Sèche ces pleurs honteux où ta douleur te livre : Que servent tes regrets? que te sert de me suivre? Dissipe tes soupçons, ne crains rien, laisse-moi; Je te l'ordonne enfin, va retrouver le roi. Hélas! quoique sa main, par mes soins désarmée, Ne laisse aucune crainto à mon âme alarmée; Quoique partout sa garde accompagne ses pas; Cependant, s'il se peut, ne l'abandonne pas. Je voudrais avec toi le rejoindre moi-même; Maisje crains les transports de sa douleur exlrûme : Je me sens pénétré de ses tendres regrets, Et ne puis, sans mourir, 'voir ces tristes objets.

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