C.4RLIN
La verrez- vous ce soir?
D. CÉSAR
Oui, toujours au lieu même.
CARLIN
C'est assez, laissez-moi, monsieur, la déterrer.
D. CÉSAR
Elle s'en fâcherait.
CARLIN
Quoi, toujours soupirer.
Sans connaître l'objet que votre amour oblige?
D. CÉSAR
Je crains trop...
CARLIN
Laissez-moi la déterrer, vous dis-je.
Tout n'en ira que mieux. Revenons sur nos pas. ■Votre épouse Isabelle, et don Fernand Vargas, A quand les voir?
D. CÉSAR
A quand? Plus pour moi d'Isabelle.
Et si votre inconnue était quelque donzelle... Là, qui selon le cas lût d'accommodement?
D. CÉSAR
Ah! Parle avec respect d'un objet si charmant. C'est une modestie à surprendre, un visage Où l'honnêteté règne.
CARLIN
Ah! D'abord. Elle est sage.
C'est la même pudeur; mais, quel qu'en soit l'ap- Nous sommes à Madrid, ne vous y fiez pas, [pas, Il est ici, monsieur, de terribles sucrées.
D. CÉSAR
Les choses ne sont pas si longtemps ignorées, On se connaît enfin.
CARLIN
Cependant, entre nous.
Vous êtes sans argent, grand embarras pour vous. Rien ne vous eût manqué chez le futur beau-père. C'était un sur recours; il faut donner pour plaire. Quel présent ferez-vous à votre aimable ?
D. CÉSAR
Moi?
Point d'autre que celui de mon cœur, de ma foi. Ce diamant offert, pour en être le gage, Lui tient lieu contre moi du plus sensible outrage; Ma téméraire audace a pensé tout gâter.
CARLIN
On recule souvent, dit-on, pour mieux sauter. Mais on vous rit de loin, n'est-ce point sa suivante?
Non, elle n'a jamais qu'une jeUne parente, Qui déjà mariée accompagne ses pas.
CARLIN
C'est à vous qu'on en veut. Comme on vous lorgne!