‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 1122 sur 1518 · DON CÉSAR D'AVALOS, ACTE III, SCÈNE V · texte numérisé non relu

DON CÉSAR D'AVALOS, ACTE III, SCÈNE V

Le portrait est-il faux?

D. PASCAL

Pour votre bienvenue Je veux presser la noce, afin qu'en festoyant Nous fassions amitié.

ISABELLE, à D. César.

Vous êtes clairvoyant.

Me couseilleriez-vous...

D. CKSAR.

Oui, ma sœur.

Quoi, mon frère?

D. CÉSAR

Épousez don César, vous ne sauriez mieux faire.

Le brave homme 1

Pas mieux?

D. PASCAL

Non-da, je le maintiens.

On devient de bon goût parmi les Indiens, Il se connaît en gens.

D. CÉSAR

C'est de quoi je me pique.

n. PASCAL.

Votre sœur Isabelle est un peu lunatique.

D. CÉSAB, à Carlin.

Isabelle! Vois-tu qu'il est de mon destin Que j'aime une Isabelle!

Ah, mon frère!

D. CÉSAR

Carlin, Qu'elle est charmante !

Il faut l'avouer, j'eusseeu peine A croire en vous pour moi ce sentiment de haine; Car sur ce triste hymen me parler d'obéir. L'appuyer contre moi, c'est plus que me ha'i'r.

Ah! Vous en faites donc ainsi la dégoûtée? Sans le beau-frère, allez, vous seriez rcjctée, Et j'irais de ce pas, où me faisant honneur, Je suis sûr que le oui se dirait de grand cœur.

Vous y pouvez aller; car je vous certifie Que si c'est sur vos biens que votre amour se fie, Je n'en fais aucun cas, et crois valoir assez, Pour ne pas m'abaisser autant que vous pensez.

D. PASCAL

Vous vous abaisseriez en m'épousant?

Sans doute.

D. PASCAL

Gardez que je n'éclate, et qu'il ne vous en coûte.

D. CÉSAR

Ah, ma sœur!

Qu'il éclate autant qu'il lui plaira;

Je perdrai sans regret ce qu'il m'en coûtera.

BÉATRIX

Hé, madame.

D. PASCAL

Oui ?

Monsieur.

D. PASCAL

Suffit, qu'elle y revienne; Ma famille vaut mieux mille fois que la sienne ; Et si nous supputions, sans tout prendre en un tas, Le quart d'un Avalos vaudrait quinze Vargas; Soit dit sans offenser le Vargas, mon beau-père.

D. CÉSAR, à Carlin.

Vargas?

CAliLlx, ù D. César.

Si nous étions au logis du beau-père?

D. CÉSAR

11 n'eu faut point douter, Carlin.

D. PASCAL

Dès maintenant, J'en vais faire ma plainte au vieux père Fernand.

U. CÉSAR, à Carlin.

Entends-tu?

CARLIN

Quel matois! Voyez-vous la surprise?

D. CÉSAR, il Carlin.

Sais-tu que je le crois notre homme à la valise?

CARLI.N

Cela pourrait bien être.

Il faut m'en éclaircir.

.\e fâchez point ma sœur, je saurai l'adoucir; Quand j'aurai dit trois mots, elle sera Irai table.

Quoi, vous-même vouloir me rendre misérable? Ah! Qu'aux Indes encor u'ètes-vous retenu? Du moins...

D. PASCAL

Il a bien fait d'en être revenu.

Ma foi, j'en suis d'avis, qu'à Goa, pour vous plaire. Le reste de ses jours on vous confine un frère.

D. CÉSAR

C'est donc avec chagrin que vous me revoyez, Ma sœur?

J'en ai bien lieu.

D. CÉSAR

Pas tant que vous croyez.

Vosintérèls me sont mieux connus qu'à vous-même. Je suis pour don César, je l'avoue, il vous aime, Votre bonheur dépend de lui donner la main.

D. PASCAL, o Isabelle.

Avisez, car à moins que ce ne soit demain. Serviteur.

J'aime assez un amant qui menace.

BÉATRK.

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