‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 1156 sur 1518 · SCENE 1 GLAUCUS, PALÉMON · texte numérisé non relu

SCENE 1 GLAUCUS, PALÉMON

PALÉMON

J'admire, à dire vrai, cette délicatesse,

Sylla ticQt voire cœur charmé, Vous n'aspirez dans l'ardeur qui vous presse, Qu'à l'unique bonheur de vous en voir aimé; Et lorsque voire rang vous peut aider à plaire,

Vous vous obstinez à le taire.

Vous passez pour un prince illustre et glorieux,

Que l'on révère dans la Thrace ; Et c'est choisir d'assez nobles aïeu.x, Que de faire un Borée auteur de votre race. Borée, en ces cantons de frimas et de glace. S'est acquis un renom qui fait bruit en tous lieux; Mais, lorsque d'un rival l'amour vous embarrasse. Si l'aimable Sylla savait qu'entre les dieux

Le destin vous a donné place.

Vos desseins n'en iraient que mieux.

Laissez-là d'un mortel la trompeuse apparence.

Et prenez de Glaucus la flère majesté; Pour forcer un cœur qui balance.

L'éclat de la divinité Manque rarement de puissance.

GLAUCUS

Ah! Palémon, crois-tu qu'on puisse avoir jamais, Quand on est bien touché, l'àme trop délicate? [batte, Et quelque doux penchant qui pour nos cœurs com-

L'amour qui contraint les souhaits,

A-t-il quelque chose qui flatte?

Si me faisant connaître pour Glaucus,

J'obtiens que Sylla me préfère, Pourrai-je m'applaudir de ses dédains vaincus. Quand son ambition voulant se satisfaire, Aura plutôt en moi, pour finir mon tourment,

Regardé le dieu que l'amant?

Comme prince mortel, dans mon amour extrême, Je voudrais lui pouvoir faire agréer mes vœux,

Obtenir son cœur d'elle-même,

Et la voir sensible à mes feux.

Sans qu'elle sût que c'est un dieu qui l'aime.

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