‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 1175 sur 1518 · SCÈNE II FLORISE, DORINE, ASTÉRIE · texte numérisé non relu

SCÈNE II FLORISE, DORINE, ASTÉRIE

DORINE

Je ne sais s'il croit qu'au besoin Son maître contre nous aura de quoi suffire; Mais de nous épargner il ne prend guère soin.

FLORISE

En badinant voilà ce qu'on s'attire.

Le grand plaisir de vous être fait dire

Qu'on ne vous craint, ni de près ni de loin? Pour moi, qui me suis mise à composer un charme. Pour guérir un mari de son ombre jaloux.

Je pense avoir mieux fait que vous; C'était un éternel vacarme.

Je l'apaise, et rejoins l'épouse avec l'époux.

ASTÉRIE

La paix ainsi par moi n'aurait pas été faite; Et comme des jaloux de tout temps on a ri. Pour faire crever le mari, J'aurais rendu la remme si coquette.

Que rien n'aurait jamais guéri Les visions de son âme inquiète.

Après tout, qui voudrait de près y regarder. C'est bien aux maris à gronder, Si quelquefois de tendres flammes S'allument dans nos jeunes cœurs.

Que ne sont-ils les galants de leurs femmes? On n'en chercherait point ailleurs.

DORINE

Tous les maris n'ont pas tant de délicatesse. Et j'en sais de moins scrupuleux.

CIRCÉ, ACTE II, SGÈiNE IV.

Qui des galants qui voiil ciicz eux Ménageant l'utile tendresse, N'ont besoin de notre pouvoir Que pour être sans yeux, quand il ne faut rien voir.

ASTÉRIE

Que direz-vous d'un tas de belles Qui donnent le champ libre à cent regards errants, Et qui pour voir leur cour grossir de soupirants,

Me l'ont à tous monionts pour elle

Faire des charmes diU'éronts?

Encor, tout de nouveau, j'en ai deux de commande Pour reblanchir des lis effacés par les ans ;

A moins qu'avec nous ron s'entende,

L'Age fait de vilains présents Dont la beauté n'est pas bonne marchande.

FLORISE

Ce sont là des emplois légers.

Les miens sont de plus d'importance.

Un brave qui n'a pas une' entière assurance. Quand il s'agit d'affronter les dangers,

A mis en moi son espérance.

Pour le garantir de l'effroi Qui rend des plus hardis la valeur étouffée,

J'ai promis de le rendre fée.

Étant invulnérable, il trouvera de quoi S'acquérir les honneurs du plus brillant trophée; Et pour combler ses vœux, Circé...Ma)s je lavoi.

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