‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 1247 sur 1518 · L'INCONNU, ACTE I, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

L'INCONNU, ACTE I, SCÈNE VI

LA JEL-.\ESSE.

Il n'est pas défomiu de faire bonne mine,

Quoiqu'on enrage quelquefois.

Pour moi, je n'aime que la joie ; Et, malgré nos débats qui durent trop longtemps,

Il faut qu'à danser je m'emploie.

l'amour.

Danser! Ignorez-vous qu'on a...

LA JEUNESSE

Je vous entends, Mais je puis tout comme déesse ; En vain on croirait m'arrèter.

D'ailleurs, rien ne saurait contraindre la jeunesse. Et qui voudrait l'empêcher de sauter, La ferait mourir de tristesse.

l'amour.

Songez-y bien, j'appréhende pour vous.

LA JEU.NESSE

Chacun doit soutenir son rôle.

l'amour.

Il est vrai, la jeunesse est toujours un peu folle. Et l'on ne prend pas garde aux fous.

OLYMPE, (iprès que la Jeunesse a dame un menuet. La cadence à trouver ue lui fait point tic ])einc.

la COMTESSE.

Elle est née à la danse el peut s'en faire honneur.

l'.\MOUR, tin More qui l'a nviené.

Tandis qu'elle reprend baleine, Approchez, noire conducteur, C'est à vous d'entrer sur la scène.

Cll.VNSON ITALIENNE DU MORE.

Occhi neri, il cui splendore Hora uccide, hora dà vita Al mio cuore Che si muore Deh, pietosi date aita.

Quel sol di gioventii ch'in voi risplende. Quel raggi ridenti onde ogn'un s'accende, V'insegnano, non gia rigore.

Occhi neri, il cui splendore Hoi'a uccide, hora dà vita; Al mio cuore Che si muore Deh. pietosi date aita.

Con sguardi lusinghieri, strali di fuoco Begli occhi, nel petto colto m'havete.

S'aiuto cortese non mi porgete, Ahime, ch'io v6 morendo à poco-poco.

Su, sii, dunque, che fate, Pupille, adorate?

Con sguardo amoroso, Non piu disdegnoso, La piaga sanate D'un aima ferita, Ahi che troppo tardate.

E che non mirate Che gia nel mio seno

Lo sporto vien meno, E sti sul'uscita.

Occhi neri, cui splendore Hora uccide. hora dà vita ; Al mio cuore Che mi muore Deh, pietosi date aita.

olympe.

En toute langue on vous dit des douceurs.

LA COMTESSE

Ignorant qui me les adresse, Ce sont d'assez vaines ardeurs; Mais laissons parler la Jeunesse.

LA JEUNESSE

lié bien, de moi que dites-vous. Amour? l'amour.

A danser, à sauter employez tout le jour,

Gela n'a rien qui m'intéresse; Mais, puisqu'aucun de nous n'est d'humeur à cé- 1! faut du moins nous accorder, [der,

Pour louer dignement cette belle comtesse.

LA JEUNESSE

La louer? Ce n'est point mon fait.

Je ne pourrais assez élever son mérite;

Et j'aime mieux en èlre quille

Pour ma guirlande el ce bouquet.

Prenez, d'une déesse il n'est rien qu'on refuse.

l'amour.

Pour moi, qui cherche à voir tous les cœurs sous

Je sais comme il faut que j'en use, [ses lois, Et veux mettre à ses pieds mou arc et mon car-

[quois.

OLY.MPE, reprenant le carquois de l'Amour, d'où elle tire un hillel parmi les flèches. [ce?

Qu'il estbien fait! Mais, dieux! que Yois-je?qu'est-

(A la comtesse.)

Madame, c'est à vous que ce billet s'adresse.

LA COMTESSE

Lisons.

De l'Inconnu j'admire le talent, Tout ce qu'il fait enchante.

LA COMTESSE

Il n'est rien plus galant.

<( Quoique ma passion extrême

Me fasse un souverain bonheur Du plaisir de vous dire à quel point je vous aime. Permettez que r.\mour vous parle en ma faveur.

Avant que j'en parle moi-même.

J'ose allendre beaucoup d'un entrelien si doux. Hé, qui sent mieux que lui ce queje sens pour vous?))

OLYMPE

C'est s'exprimer avec tendresse.

LA COMTESSE

On dit plus qu'on ne sent; mais je veux à mon tour Faire présent à la Jeunesse.

(La comtesse lui donne un diamant.) LA JEUNESSE.

J'accepte celte bague, attendant l'heureux jour Uii vous saurez pour qui je m'intéresse.

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