SCÈNE II LE CHEV.\L1ER, OLYMPE, MÉLISSE
LE CBEVALIER.
Madame, apprenez-moi quel espoir m'est permis. .Mon chagrin ne peut plus se forcer au silence ; Je vous vois, vous retrouve après un mois d'absence, Et vous me recevez d'un air froid, sérieux...
OLYMPE
Je rêve, et j'en ai pris l'habitude en ces lieux. A me bien divertir quelques soins qu'on emploie, Il y manque toujours quelque chose à ma joie, La campagne n'a point les charmes de Paris.
LE CHEVALIER
Paris a des beautés dont on peut être épris; Maisenfin.je n'en veux pourjugeque vous-même, On ne regrette rien quand on voit ce qu'on aime ; Et vous n'envieriez pas les plaisirs les plus doux, Si vous étiez pour moi ce que je suis pour vous.
OLYMPE
Je croyais n'être pas obligée à vous rendre [dre. Le même empressement que l'amour vous fait pren- Et qu'il m'était permis en recevant vos soins, Devoustrouversensible.etdel'ètreunpeu moins.
Quelle réponse, hélas! C'est donc tout ce qu'emporte Cette parfaite ardeur'?
OLYMPE
Je l'avoue, elle est forte, Vos feux par cent devoirs m'ont été confirmés ; Mais, de grâce, est-ce vous, ou moi, que vous aimez ? Je parais à vos yeux bien faite, belle, aimable ; Vous me cherchez, de quoi vous suis-je redevable? Forcez-vous en cela votre inclination?
Et quand vous me parlez d'ardeur, de passion, Si le secret penchant qui pour moi vous inspire, Ne vous attirait pas autant qu'il vous attire,